Ondo : la communauté Aheri rejette la saisie de ses terres pour la zone franche d'Olokola
Le royaume d'Aheri, dans l'État d'Ondo, refuse la cession de vastes terres ancestrales au projet de zone franche d'Olokola. Le différend foncier menace un chantier présenté comme stratégique pour l'économie du sud-ouest nigérian.

Le royaume d'Aheri ne lâche pas ses terres. Dans l'État d'Ondo, au sud-ouest du Nigeria, cette communauté a publiquement rejeté les tentatives d'acquisition de vastes parcelles ancestrales destinées à la zone franche d'Olokola. Le projet, pensé pour attirer des industries lourdes et des infrastructures portuaires le long de la côte, prévoit de mobiliser des milliers d'hectares. Mais pour les habitants d'Aheri, céder ces terres revient à sacrifier leur patrimoine et leurs moyens de subsistance, sans garanties suffisantes sur les compensations ou la réinstallation.
Le dossier Olokola traîne depuis des années. Lancé sous forme d'initiative conjointe entre les États d'Ondo et d'Ogun, il devait devenir un pôle industriel majeur, avec raffineries, centrales et terminaux en eau profonde. Les premiers coups de pioche n'ont jamais vraiment suivi. Aujourd'hui, la résistance d'Aheri illustre un obstacle récurrent au Nigeria : la question foncière. Les communautés riveraines réclament des accords clairs, des indemnisations vérifiables et une participation aux retombées, pas des promesses verbales.
Le blocage intervient dans un contexte où les autorités fédérales et régionales cherchent à accélérer les projets d'infrastructure pour doper l'économie. Mais chaque tentative d'expropriation sans consentement préalable ravive les tensions. À Olokola, les promoteurs devront composer avec les représentants traditionnels, les jeunes et les propriétaires coutumiers. Sans accord social, le calendrier glisse encore. Et les investisseurs, eux, surveillent de près la capacité des autorités à sécuriser le foncier avant d'engager des capitaux.
Ce conflit dépasse le seul cas d'Aheri. Il pose la question de la méthode : comment concilier grands projets et droits des communautés dans un pays où la terre reste largement régie par le droit coutumier. Tant que cette équation n'est pas résolue, la zone franche d'Olokola restera un plan sur papier. Les prochaines semaines diront si le dialogue reprend ou si la résistance se durcit.
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