Ondo : Aiyedatiwa réclame plus de moyens et de dignité pour les enseignants
Le gouverneur de l'État d'Ondo, Lucky Aiyedatiwa, a plaidé pour un investissement accru dans les enseignants, estimant qu'ils doivent disposer des outils nécessaires et d'un environnement de travail décent.

Lucky Aiyedatiwa a profité d'une prise de parole publique pour remettre les enseignants au centre du débat. Le gouverneur de l'État d'Ondo, dans le sud-ouest du Nigeria, a demandé davantage d'investissements dans le secteur éducatif, en insistant sur un point précis : les maîtres doivent avoir les outils de leur métier et travailler dans des conditions acceptables. Il ne s'agit pas d'un simple discours de circonstance. Dans un pays où plus de 10 millions d'enfants sont hors du système scolaire, selon les chiffres de l'Unesco, la question des enseignants reste un nœud politique sensible. Aiyedatiwa parle de dignité, un mot qui pèse dans un État où les salaires des fonctionnaires de l'éducation ont connu des retards récurrents ces dernières années.
Le gouverneur n'a pas annoncé de budget précis ni de calendrier. Il a évoqué la nécessité d'un environnement de travail meilleur, sans détailler les mesures concrètes. Dans le même temps, l'État d'Ondo fait face à des contraintes budgétaires réelles : la dépendance aux allocations fédérales reste forte, et les recettes internes peinent à décoller. Entre 2022 et 2024, plusieurs États nigérians ont dû reporter le paiement du nouveau salaire minimum de 70 000 nairas, faute de trésorerie. Ondo n'a pas échappé à ces tensions. La demande d'Aiyedatiwa intervient donc dans un contexte où les mots doivent se traduire en lignes budgétaires, sinon ils restent des intentions.
Le Nigeria compte environ 2 millions d'enseignants du primaire et du secondaire, selon les estimations officielles. Beaucoup travaillent avec des tableaux noirs effacés, des manuels périmés et des classes de 60 élèves. Dans les zones rurales d'Ondo, comme à Akure ou Owo, les écoles manquent souvent d'électricité et d'eau courante. Les syndicats enseignants réclament depuis des années une revalorisation des salaires et la régularité des paiements. Le discours d'Aiyedatiwa reprend leurs revendications, mais sans engagement chiffré. Les organisations syndicales attendent des actes, pas des déclarations.
La sortie du gouverneur s'inscrit dans un calendrier politique chargé. Ondo a organisé une élection gouvernorale en novembre 2024, remportée par Aiyedatiwa. Depuis, il doit composer avec des attentes fortes sur les services publics. L'éducation figure parmi les priorités affichées de son administration. Reste à voir si les moyens suivront. Au Nigeria, les États fédérés consacrent en moyenne moins de 15 % de leur budget à l'éducation, alors que l'Unesco recommande 20 %. Ondo n'est pas le plus mauvais élève, mais les marges de manœuvre restent étroites. La dignité des enseignants, pour l'instant, tient surtout à la promesse.
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