Nouvelle-Zélande : un projet de loi pour interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans
Le gouvernement néo-zélandais propose d'interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans, invoquant des risques pour la santé mentale et l'exposition à des contenus nocifs. Le projet de loi prévoit des sanctions pour les plateformes.

Wellington passe à l'offensive contre les réseaux sociaux. Le gouvernement néo-zélandais a déposé un projet de loi visant à interdire l'accès aux plateformes sociales pour les moins de 16 ans. La mesure, annoncée ce mardi, s'appuie sur des études locales qui pointent une dégradation de la santé mentale chez les adolescents, corrélée à une utilisation intensive de ces services. Le texte prévoit des amendes pouvant atteindre 1 % du chiffre d'affaires mondial des entreprises concernées.
La Nouvelle-Zélande n'est pas la première à tenter l'expérience. L'Australie a adopté une loi similaire en novembre dernier, avec une entrée en vigueur prévue pour 2025. Mais Wellington va plus loin : le projet inclut des mécanismes de vérification d'âge renforcés, confiés à un régulateur indépendant, et oblige les plateformes à proposer des flux par défaut sans algorithmes de recommandation pour les comptes vérifiés comme mineurs.
Les géants du secteur montent déjà au créneau. Meta et TikTok ont fait savoir qu'ils attendaient de voir les détails techniques, tout en rappelant leurs outils parentaux existants. Des associations de défense des droits numériques, elles, dénoncent une mesure liberticide et difficile à appliquer sans porter atteinte à la vie privée. Le débat s'annonce vif au Parlement, où la coalition au pouvoir dispose d'une majorité confortable.
Pour les familles, la question est loin d'être tranchée. Entre pression sociale, cyberharcèlement et besoin d'information, les parents naviguent à vue. La loi, si elle est adoptée, ne résoudra pas tout : elle devra s'accompagner d'éducation au numérique et d'alternatives crédibles. En attendant, le pays sert de laboratoire pour une régulation qui fait débat bien au-delà de ses frontières.
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