NNPC : les revenus du géant pétrolier nigérian chutent de 10 600 milliards de nairas en 2025
Le rapport audité 2025 de NNPC Limited révèle une chute de 10,56 billions de nairas de ses revenus, portée par un effondrement de 77,6 % des ventes de produits pétroliers.

NNPC Limited a vu ses revenus fondre de 10,56 billions de nairas en 2025. Le rapport financier audité de la compagnie pétrolière nationale, publié cette semaine, attribue cette débâcle à un effondrement de 77,6 % des revenus tirés de la vente de produits pétroliers. En clair, la branche qui vend de l'essence, du diesel et du kérosène a presque cessé de générer des recettes. Un trou de cette ampleur dans les comptes de l'entreprise la plus stratégique du Nigeria ne passe pas inaperçu, surtout dans un pays qui dépend encore largement du pétrole pour ses devises.
La chute des produits pétroliers s'explique en partie par la fin des subventions sur l'essence, décidée en 2023. NNPC vendait à perte, l'État compensait. Depuis, la compagnie achète au prix réel et revend au prix du marché, mais la volatilité du naira et la contrebande vers les pays voisins ont rendu l'équation intenable. Résultat : les marges se sont évaporées. Le groupe a beau avoir augmenté sa production brute de pétrole, la valeur ajoutée sur le raffinage et la distribution s'est effondrée. Cette situation pèse directement sur les recettes fiscales que l'État fédéral attend de NNPC pour financer son budget.
Pour les opérateurs économiques, cette contraction a des conséquences concrètes. Moins de revenus pour NNPC, c'est moins de devises injectées dans l'économie nigériane par le biais des ventes de brut. Le naira, déjà sous pression, perd un de ses principaux soutiens. Les importateurs de produits raffinés, eux, continuent de payer en dollars, ce qui creuse le déficit commercial. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car le taux de change FCFA/Naira dépend en partie de la capacité du Nigeria à générer des devises.
La question qui plane désormais : NNPC peut-elle redresser la barre en 2026 ? La compagnie mise sur la raffinerie de Dangote pour réduire sa dépendance aux importations et sur une remontée des cours du brut. Mais les défis structurels — vol de pétrole, pipelines vétustes, insécurité dans le delta du Niger — restent entiers. Le gouvernement nigérian, qui comptait sur NNPC pour stabiliser ses finances, devra revoir ses prévisions. Cette chute de 10,56 billions de nairas n'est pas un accident de parcours : elle révèle un modèle économique à bout de souffle, qui n'a pas su s'adapter à la fin des subventions et à la volatilité des marchés.
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