NNPC : le bénéfice bondit à 7 200 milliards de nairas malgré la chute du chiffre d'affaires
La compagnie pétrolière nationale nigériane a dégagé 7 200 milliards de nairas de profit en 2025, en hausse de 33 %, alors que son chiffre d'affaires reculait de 24 % à 34 500 milliards.

La Nigerian National Petroleum Company Limited a publié un bénéfice après impôt de 7 200 milliards de nairas pour l'exercice 2025. C'est 33 % de plus qu'en 2024, année où elle avait déclaré 5 400 milliards. Le chiffre d'affaires, lui, a fondu de 24 %, passant à 34 500 milliards de nairas. Autrement dit, la compagnie a vendu moins, mais elle a gagné davantage. Ce paradoxe apparent mérite qu'on s'y arrête, car il raconte une histoire précise sur la façon dont NNPC gère ses coûts et ses marges dans un environnement pétrolier instable.
La baisse des revenus s'explique en grande partie par la volatilité des cours du brut et par une production nigériane qui reste en dessous de son potentiel. Le pays pompe autour de 1,3 million de barils par jour, loin des 2 millions visés par l'État. Pourtant, le profit grimpe. NNPC a réduit ses charges opérationnelles, renégocié certains contrats et profité de la dévaluation du naira pour compresser ses coûts libellés en monnaie locale. La suppression progressive des subventions sur l'essence a aussi allégé une facture qui pesait des milliers de milliards chaque année. Ces décisions, douloureuses pour les ménages, se retrouvent aujourd'hui dans les comptes de la compagnie.
Le résultat de NNPC pèse lourd dans les finances publiques nigérianes. L'entreprise verse des dividendes à l'État fédéral, qui compte sur ces recettes pour financer son budget. Avec un bénéfice en hausse, Abuja dispose d'une marge de manœuvre supplémentaire, même si la pression reste forte sur les dépenses courantes. Pour les opérateurs économiques, ce signal compte : une NNPC plus rentable, c'est une contrepartie plus solide pour les banques qui financent ses projets et pour les partenaires étrangers qui investissent dans le raffinage ou l'exploration. La confiance ne se décrète pas, elle se lit dans les bilans.
Reste une question de fond. Un bénéfice qui monte quand les ventes baissent n'est pas nécessairement une bonne nouvelle à long terme. Si la production ne redémarre pas et si les cours du brut restent mous, le levier des économies de coûts finira par s'épuiser. NNPC devra trouver de nouveaux volumes, soit en sécurisant ses champs existants, soit en accélérant sur le gaz. Le prochain exercice dira si le redressement est structurel ou simplement conjoncturel.
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