NNPC : impôts et redevances bondissent à 14 700 milliards de nairas en 2025
Le groupe pétrolier nigérian a versé 14 710 milliards de nairas d'impôts et de redevances en 2025, contre 5 880 milliards en 2024. Une hausse de 150 % qui change l'équation budgétaire du pays.

La NNPC a versé 14 710 milliards de nairas au titre de l'impôt sur les sociétés et des redevances pétrolières en 2025. Un an plus tôt, la somme s'élevait à 5 880 milliards. La progression atteint 150 % en douze mois, selon les chiffres publiés par le groupe. Ce bond ne tient pas seulement à la hausse des volumes exportés. Il reflète aussi un effet change mécanique : les recettes pétrolières sont libellées en dollars, puis converties en nairas à un taux bien plus élevé qu'en 2024. Chaque baril vendu rapporte davantage de monnaie locale, même à production constante.
Pour l'État fédéral, ce pactole tombe à point nommé. Abuja a bouclé 2025 avec un déficit budgétaire estimé à 13 000 milliards de nairas, et la pression sur les recettes non pétrolières reste forte. Les 14 700 milliards de la NNPC couvrent une part substantielle des besoins de financement. Reste à savoir si cette manne se maintient. Le prix du Brent a reculé sous les 75 dollars en fin d'année, et la production nigériane plafonne autour de 1,5 million de barils par jour, loin du quota OPEP de 1,8 million. Si le baril reste bas, l'effet change ne suffira plus à compenser.
Les compagnies pétrolières internationales, elles, absorbent la hausse des redevances dans leurs coûts. Shell, TotalEnergies et Chevron opèrent au Nigeria depuis des décennies et négocient régulièrement les termes fiscaux avec la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission. Une charge fiscale qui grimpe de 150 % en un an pèse sur les marges et pourrait freiner les investissements dans de nouveaux forages. Le gouvernement parie sur le contraire : des recettes plus élevées financent l'infrastructure, qui attire ensuite les capitaux. Le pari n'est pas gagné d'avance.
La vraie question porte sur la soutenabilité. Un pays qui tire 70 % de ses recettes fédérales du pétrole reste vulnérable à chaque choc de prix. La hausse spectaculaire de 2025 masque une dépendance que les réformes fiscales de 2024 n'ont pas encore réduite. Tant que le Naira reste volatil et la production instable, chaque exercice budgétaire ressemblera à une équation à plusieurs inconnues. Les 14 700 milliards de cette année ne disent rien de ceux de l'an prochain.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

La Bourse de Lagos efface 425,7 milliards de nairas, banques et assurances en tête de chute
L'indice All-Share de la NGX a reculé de 0,28 % mercredi, à 251 211,67 points. Les ventes sur les bancaires et les assureurs ont effacé 425,73 milliards de nairas de capitalisation, malgré un volume d'échanges en forte hausse.

Le Kenya veut une part dans la raffinerie Dangote de Lamu à 16 milliards de dollars
Le gouvernement kényan prévoit d'investir via son Fonds national d'infrastructures dans la raffinerie de pétrole de Lamu, un projet de 16 milliards de dollars porté par Aliko Dangote. William Ruto a confirmé l'opération.

Nigeria : le Sénat et la NHIA veulent taxer le sucre et l'alcool pour financer la santé
La NHIA et le Sénat nigérian poussent pour des taxes santé plus fortes sur le tabac, l'alcool et les boissons sucrées afin de financer les soins et lutter contre les maladies non transmissibles.