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NNPC engage 473,8 milliards de nairas dans deux gazoducs stratégiques

La compagnie pétrolière nationale nigériane a injecté 473,8 milliards de nairas dans des projets gaziers en 2025, dont le gazoduc Nigeria-Maroc et l'AKK, selon son rapport financier annuel.

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Rédaction SendXOF

Publié le 5 octobre 2026

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NNPC engage 473,8 milliards de nairas dans deux gazoducs stratégiques

La Nigerian National Petroleum Company a mis 473,8 milliards de nairas sur la table pour ses projets d'infrastructures gazières en 2025. Le chiffre figure dans son rapport financier annuel, publié cette semaine. Deux chantiers concentrent l'essentiel de cet argent : le gazoduc Nigeria-Maroc, qui doit relier le delta du Niger à l'Afrique du Nord sur plus de 5 000 kilomètres, et l'AKK, l'axe Ajaokuta-Kaduna-Kano qui traverse le nord du pays sur 614 kilomètres. Ces deux projets traînent depuis des années. L'AKK a été lancé en 2020 sous Buhari, avec un premier contrat de 2,8 milliards de dollars. Le Nigeria-Maroc, lui, est discuté depuis 2016 avec Rabat. Les travaux avancent lentement, mais les paiements, eux, sont bien réels : 473,8 milliards de nairas sortis des caisses de la NNPC en une année.

Cet engagement financier intervient dans un contexte budgétaire tendu. La NNPC a accumulé des dettes envers les fournisseurs de carburant et peine à stabiliser ses revenus, plombés par le vol de brut dans le delta et par des années de subventions sur l'essence. Le gouvernement de Bola Tinubu a supprimé ces subventions en 2023, ce qui a libéré des marges, mais aussi fait exploser les prix à la pompe. La compagnie doit maintenant arbitrer entre ses obligations sociales et ses investissements lourds. Les 473,8 milliards de nairas représentent une part significative de ses dépenses en capital. Pour un pays qui veut doubler sa production gazière d'ici 2030, l'enjeu dépasse le simple cadre énergétique.

Le gaz nigérian intéresse aussi ses voisins. Le projet Nigeria-Maroc doit alimenter une quinzaine de pays d'Afrique de l'Ouest en cours de route, du Bénin au Sénégal. Pour les économies de la sous-région, qui dépendent encore largement du bois de chauffe et du diesel importé, l'arrivée du gaz changerait la donne industrielle. Le Bénin, le Togo et le Ghana ont déjà signé des accords de principe pour se raccorder. Sur le papier, le pipeline doit être opérationnel en 2027, mais les experts tablent plutôt sur 2030-2031. Le financement reste le maillon faible : la NNPC ne peut pas porter seule un projet estimé à 25 milliards de dollars. Elle cherche des partenaires, notamment la Banque islamique de développement et des fonds souverains du Golfe.

À court terme, ces 473,8 milliards de nairas pèsent sur la trésorerie de la NNPC. La compagnie a déjà du mal à verser ses contributions à la fédération, et l'État nigérian compte sur ses dividendes pour financer le budget 2026. Chaque naira investi dans un gazoduc est un naira qui ne va pas dans les caisses publiques cette année. Le pari des autorités : que ces infrastructures génèrent demain des revenus d'exportation et des redevances de transit. Pour l'heure, le Nigeria reste le premier exportateur de gaz naturel liquéfié d'Afrique, mais ses voisins n'en profitent presque pas. Le gazoduc, s'il se concrétise, pourrait changer la carte énergétique régionale. En attendant, les 473,8 milliards sont déjà engagés.

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