NIPCO engage plus de 3 milliards de dollars dans un projet FLNG au Nigeria
Le groupe nigérian NIPCO prévoit de développer une unité flottante de gaz naturel liquéfié (FLNG) pour plus de 3 milliards de dollars, afin d'accroître la valorisation et l'approvisionnement en gaz du pays.

NIPCO Group met plus de 3 milliards de dollars sur la table pour une unité flottante de liquéfaction de gaz naturel (FLNG). Le projet vise à transformer le gaz nigérian en produit exportable, sans dépendre des infrastructures terrestres classiques. Le Nigeria brûle encore une part importante de son gaz faute de capacités de traitement suffisantes. Une FLNG, c'est une usine embarquée sur un navire : elle aspire le gaz, le refroidit à -162 °C, le liquéfie et le stocke. Résultat : des gisements offshore, jusque-là inexploités, deviennent rentables.
Le pays cherche depuis des années à sortir du tout-pétrole. Le gaz représente une alternative crédible, mais les projets traînent. La Nigeria LNG, l'usine historique de Bonny, tourne à plein régime. D'autres initiatives, comme le train 7, avancent lentement. NIPCO, lui, mise sur le format flottant pour aller plus vite : pas de pipeline à construire, pas de foncier à négocier. Le navire se déplace au-dessus du gisement, produit sur place, puis exporte directement. Une flexibilité qui séduit les investisseurs pressés de monétiser leurs réserves.
Reste à financer. Trois milliards de dollars, dans un pays où l'accès au dollar reste compliqué, ce n'est pas rien. Les banques locales prêtent peu en devises fortes. NIPCO devra convaincre des partenaires étrangers ou des institutions multilatérales. Le contexte fiscal, lui, s'est amélioré : la loi sur l'industrie pétrolière de 2021 a clarifié les redevances et les régimes d'incitation. Les opérateurs y voient un signal. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un gaz mieux valorisé soutient les recettes en devises du pays.
Si le projet aboutit, le Nigeria renforcerait sa position de premier exportateur de GNL en Afrique. Il pourrait aussi réduire le torchage, ce gaz brûlé en pure perte qui pollue le delta du Niger. Mais les délais restent flous. Une FLNG se commande, se construit, se teste : comptez trois à cinq ans avant la première cargaison. D'ici là, la demande asiatique, elle, ne cesse de croître. Le Nigeria a une carte à jouer. NIPCO a posé la sienne sur la table.
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