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Nigeria : Taiwo Oyedele lance un examen de six semaines sur les réformes fiscales

Le gouvernement fédéral nigérian a entamé une revue de six semaines de ses réformes fiscales, pilotée par Taiwo Oyedele, pour corriger les lacunes de mise en œuvre et les effets non désirés.

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Rédaction SendXOF

Publié le 23 septembre 2026

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Nigeria : Taiwo Oyedele lance un examen de six semaines sur les réformes fiscales

Taiwo Oyedele, président du comité présidentiel sur la politique fiscale et les réformes, a ouvert lundi à Abuja une revue de six semaines des réformes fiscales nigérianes. L'objectif affiché : identifier les trous dans la mise en œuvre et les conséquences non voulues des textes adoptés ces derniers mois. Le calendrier est serré. En six semaines, l'équipe doit produire des correctifs avant que les nouvelles règles ne s'installent dans les habitudes des entreprises et des administrations. Les réformes de 2023 et 2024 ont bousculé la fiscalité nigériane : suppression de la taxe sur les carburants, refonte de la TVA, nouveaux seuils d'exonération pour les petites entreprises. Sur le papier, le pays veut élargir la base fiscale et réduire sa dépendance aux recettes pétrolières. Dans les faits, les services des impôts peinent à suivre.

Les premiers retours de terrain pointent des difficultés concrètes. Des PME se plaignent de devoir s'enregistrer plusieurs fois auprès d'administrations différentes. Des États fédérés contestent la répartition des recettes de TVA, estimant que la nouvelle clé de calcul les pénalise. Taiwo Oyedele a reconnu que certaines mesures ont produit des effets contraires à ceux recherchés, sans donner de détails. Le secteur informel, qui représente plus de la moitié de l'économie nigériane, reste largement hors du filet fiscal. Les agents des impôts manquent de formation sur les nouveaux outils numériques. Et les contribuables, eux, attendent de voir si les réformes allègent vraiment leur charge ou si elles ne font que déplacer le problème.

Pour les opérateurs économiques, l'enjeu dépasse la simple technique fiscale. La confiance dans le système détermine la disposition à payer. Si les entreprises constatent que les règles changent tous les six mois, elles intègrent l'incertitude dans leurs prix. Les investisseurs étrangers, déjà refroidis par la volatilité du naira, scrutent la stabilité du cadre fiscal avant de s'engager. Le Nigeria a besoin de recettes non pétrolières : le ratio impôts/PIB tourne autour de 10 %, l'un des plus faibles d'Afrique. Sans amélioration, l'État continuera de financer son budget par la dette, avec les tensions que cela implique sur les taux d'intérêt et l'inflation.

La revue de Taiwo Oyedele ne vaut que si elle débouche sur des ajustements rapides et lisibles. Un rapport de plus, rangé dans un tiroir, n'aidera ni les PME de Lagos ni les agriculteurs de Kano. Le comité doit trancher sur des points précis : simplification des formalités, coordination entre le fisc fédéral et les États, calendrier réaliste pour les nouveaux taux. Les six prochaines semaines diront si le Nigeria corrige le tir ou si les réformes restent un exercice théorique. Les entreprises, elles, ont déjà commencé à intégrer l'incertitude dans leurs budgets 2025.

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