Nigeria simplifie le transport du gaz pour attirer les investisseurs étrangers
Le régulateur nigérian du pétrole a publié de nouvelles règles de transport du gaz, plus claires, pour rassurer les investisseurs et doper les flux de capitaux dans un secteur énergétique en manque de financements.

Le Nigeria a mis sur la table un nouveau mode d'emploi pour le transport du gaz dans ses pipelines. La commission de régulation du pétrole (NUPRC) a publié la semaine dernière un jeu de règles révisées qui précise les tarifs, les conditions d'accès au réseau et les obligations des opérateurs. L'objectif affiché : rendre le cadre plus prévisible pour les investisseurs étrangers, alors que le pays cherche à financer des projets gaziers stratégiques comme le gazoduc transsaharien ou les terminaux de liquéfaction. Abuja veut sortir du flou qui a longtemps découragé les capitaux.
Sur le terrain, les opérateurs se plaignaient d'un maquis réglementaire qui changeait au gré des nominations politiques. Les nouvelles règles fixent notamment une méthodologie de calcul des tarifs de transport, indexée sur des paramètres objectifs, et clarifient les procédures d'interconnexion. Pour les compagnies gazières, c'est un signal fort : elles peuvent enfin modéliser leurs coûts sur plusieurs années sans craindre un revirement brutal. Les autorités espèrent que cette stabilité affichée convaincra les banques internationales de prêter à des projets longtemps jugés risqués.
Le Nigeria mise gros sur le gaz. Le pays dispose des plus grandes réserves prouvées d'Afrique, mais sa production d'électricité reste bridée par des infrastructures vétustes et un réseau de pipelines sous-utilisé. En clarifiant les règles de transport, Abuja tente de débloquer des investissements dans les infrastructures et de réduire la dépendance aux importations de carburant raffiné. Les industriels locaux, eux, attendent surtout une baisse des coûts d'acheminement du gaz vers les zones industrielles, où l'énergie coûte jusqu'à trois fois plus cher qu'en Europe.
Reste à voir si la clarté des textes suffira à rassurer. Les investisseurs étrangers ont besoin de garanties sur la convertibilité et le rapatriement des devises, un point que les nouvelles règles ne traitent pas directement. Le pays a déjà attiré des capitaux dans le solaire et les télécoms, mais le gaz reste perçu comme un pari plus risqué, dépendant des cours mondiaux et de la stabilité politique. La balle est maintenant dans le camp des opérateurs, qui doivent soumettre leurs premières demandes d'accès au réseau d'ici la fin du trimestre.
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