Nigeria : Lokpobiri assume la fin des prix administrés sur les carburants
Le ministre du Pétrole Heineken Lokpobiri a réaffirmé que la dérégulation laisse les prix des produits pétroliers raffinés aux forces du marché, prévenant qu'une hausse de la production locale de brut ne ferait pas automatiquement baisser les prix à la pompe.

Heineken Lokpobiri a tranché le débat qui agite régulièrement les stations-service nigérianes. Le ministre du Pétrole a rappelé que la dérégulation du secteur aval place les prix des produits raffinés sous la seule loi de l'offre et de la demande. Autrement dit, l'État ne fixe plus de plafond. Une position qui ferme la porte aux appels récurrents à un retour aux subventions, alors que le prix du litre d'essence reste un sujet explosif dans un pays où le carburant pèse lourd dans le budget des ménages et des transporteurs.
La déclaration la plus contre-intuitive concerne le brut. Lokpobiri a expliqué qu'une augmentation de la production nationale de pétrole ne se traduirait pas mécaniquement par des carburants moins chers pour le consommateur nigérian. Le raisonnement tient à la structure du marché : le brut nigérian se vend au prix international, et les raffineries locales achètent leur matière première à ce même tarif. Raffiner davantage sur place réduit la facture de transport et de logistique, mais ne protège pas d'un baril cher sur le marché mondial. C'est toute la nuance que beaucoup d'automobilistes refusent encore d'admettre.
Le ministre mise sur l'investissement pour desserrer l'étau. Il évoque une hausse des forages et des capitaux injectés dans le secteur pétrolier, avec un objectif de production de brut nettement supérieur aux niveaux actuels. Plus de volume à exporter, c'est plus de devises qui entrent. Or le Naira reste sous pression, et chaque baril supplémentaire vendu à l'étranger apporte des dollars dont le pays a besoin. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, puisque la stabilité de la monnaie nigériane conditionne directement les taux appliqués aux envois de fonds entre le Nigeria et ses voisins.
Reste la question qui fâche : le consommateur nigérian ne verra pas la différence avant longtemps. Tant que la production locale de brut ne se transforme pas en volumes suffisants de produits raffinés sur le sol nigérian, le pays restera exposé aux cours internationaux et aux coûts d'importation. Lokpobiri le dit sans détour : la dérégulation n'est pas un outil de baisse des prix, c'est un cadre qui laisse le marché décider. Une vérité économique solide, mais politiquement inconfortable dans un pays où le prix de l'essence a déjà déclenché des crises sociales.
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