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Nigeria : les zones franches devront exporter 75 % de leur production

Le gouvernement nigérian durcit les règles des zones franches : 75 % de la production devra être exportée. Le secteur revendique 200 milliards de dollars d'investissements étrangers.

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Rédaction SendXOF

Publié le 20 septembre 2026

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Le gouvernement fédéral nigérian a tranché. Les entreprises installées dans les zones franches devront désormais exporter au moins 75 % de leur production. La règle n'est pas nouvelle sur le papier, mais Abuja entend la faire appliquer pour de bon. L'objectif affiché : éviter que ces enclaves économiques ne se transforment en simples zones de vente locale défiscalisée. Jusqu'ici, beaucoup d'opérateurs profitaient des exonérations pour écouler leurs marchandises sur le marché intérieur, sans payer les droits de douane habituels. Le manque à gagner pour l'État se chiffre en milliards de nairas chaque année.

Les chiffres avancés par le gouvernement donnent la mesure de l'enjeu. Les zones franches ont attiré 200 milliards de dollars d'investissements étrangers et 900 milliards de nairas d'investissements locaux, selon l'exécutif. Des montants qui expliquent la prudence d'Abuja : trop de rigidité pourrait faire fuir les capitaux. Mais trop de laxisme vide la politique industrielle de sa substance. Le Nigeria compte une cinquantaine de zones franches, actives ou en projet, principalement autour de Lagos, Calabar et Port Harcourt. Leur poids dans les exportations hors pétrole reste modeste, alors que le pays cherche désespérément à diversifier ses recettes en devises.

Pour les opérateurs, la contrainte est réelle. Exporter 75 % de sa production suppose des débouchés solides à l'étranger, une logistique fiable et des coûts compétitifs. Or, le Naira faible complique les importations d'intrants, tandis que les ports nigérians restent engorgés. Les industries manufacturières, notamment dans l'agroalimentaire et les matériaux de construction, seront les plus exposées. Certaines devront revoir leur modèle ou quitter le régime de faveur. D'autres y verront une opportunité : exporter plus, c'est aussi capter des devises que le pays peine à attirer. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les flux de devises liés aux exportations influencent directement les taux de change.

La mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de contrôle des changes et de maximisation des recettes fiscales. Abuja veut que chaque dollar qui entre ou sort du pays soit tracé et taxé. Reste à savoir si les entreprises suivront. L'histoire récente montre que les annonces fortes se heurtent souvent à l'application sur le terrain. Les zones franches resteront attractives tant que les exonérations fiscales compenseront les contraintes d'exportation. Si la balance penche trop du côté des obligations, les investisseurs iront voir ailleurs, au Ghana ou au Kenya. Le vrai test sera dans les chiffres d'exportation des douze prochains mois.

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