Nigeria : les réformes économiques ne doivent pas être remises en cause, prévient un think tank
Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée (CPPE) met en garde contre tout retour en arrière sur les réformes économiques du Nigeria. Il appelle le gouvernement à passer de la stabilisation macroéconomique à la création d'emplois et à l'amélioration des conditions de vie.

Le Centre pour la promotion de l'entreprise privée (CPPE) a lancé un avertissement clair : revenir sur les réformes économiques en cours au Nigeria serait une erreur coûteuse. Dans une note publiée cette semaine, le think tank estime que ces réformes, bien que douloureuses à court terme, ont posé les bases d'une économie plus saine. Le pays doit désormais tourner la page de la stabilisation macroéconomique pour se concentrer sur ce qui compte vraiment : la productivité, l'emploi et le pouvoir d'achat des ménages.
Le CPPE pointe du doigt les défis persistants : une inflation qui ronge les revenus, un chômage élevé, et des entreprises qui peinent à investir. Les mesures prises depuis 2023 – notamment la suppression des subventions au carburant et la libéralisation du taux de change – ont certes assaini les finances publiques, mais elles n'ont pas encore créé les conditions d'une croissance inclusive. Pour les ménages, le coût de la vie reste élevé, et les petites entreprises subissent de plein fouet la hausse des coûts de production. Pour la diaspora ouest-africaine, cette situation pèse aussi sur le coût des transferts de fonds, un enjeu majeur pour des millions de familles.
Le think tank insiste sur un point : la stabilité macroéconomique n'est pas une fin en soi. Sans création d'emplois, elle reste fragile. Il appelle le gouvernement à accélérer les investissements dans les infrastructures, à soutenir les secteurs à forte intensité de main-d'œuvre et à simplifier l'environnement des affaires. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent les fluctuations du naira en temps réel, illustrant les défis concrets auxquels les acteurs économiques sont confrontés au quotidien.
Le débat est ouvert : certains économistes estiment qu'il est trop tôt pour juger les réformes, d'autres qu'il faut aller plus loin. Mais le CPPE tranche : le retour en arrière n'est pas une option. Le Nigeria doit maintenant transformer la stabilité en opportunités concrètes, faute de quoi les sacrifices consentis n'auront servi à rien. Une question reste posée : le gouvernement saura-t-il saisir cette fenêtre pour bâtir une économie plus résiliente et plus juste ?
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