Nigeria : les recettes intérieures des États bondissent de 41 % à 5 150 milliards de nairas
Les 36 États nigérians et le Territoire de la capitale fédérale ont généré 5 150 milliards de nairas de recettes internes en 2025, en hausse de 40,9 % sur un an. Lagos domine largement le classement.

Les États nigérians remplissent mieux leurs caisses. Le Bureau national de la statistique a publié mardi son rapport sur les recettes générées en interne : les 36 États et le Territoire de la capitale fédérale ont encaissé 5 150 milliards de nairas en 2025, contre 3 650 milliards en 2024. Soit une progression de 40,9 % en un an. C'est la plus forte hausse enregistrée depuis que le NBS compile ces données. Lagos, hub économique du pays, caracole en tête avec une contribution qui écrase la concurrence. Rivers et le FCT complètent le podium, portés par leurs activités pétrolières et administratives.
Cette embellie ne doit pas masquer les disparités. Sur les 37 entités recensées, une poignée concentre l'essentiel des recettes. Les États du nord, eux, restent très dépendants des allocations fédérales. Leurs économies locales peinent à élargir l'assiette fiscale : faible tissu industriel, secteur informel difficile à taxer, base de contribuables étroite. Pour beaucoup, la hausse des recettes internes tient surtout à la réforme fiscale fédérale et à la digitalisation des paiements, qui a fait sortir une partie de l'activité de l'ombre. Mais l'écart entre Lagos et le reste du pays continue de se creuser.
La dépréciation du naira joue aussi un rôle ambigu. Elle gonfle mécaniquement la valeur en nairas des recettes issues d'exportations ou de taxes assises sur des produits indexés au dollar. En parallèle, elle renchérit le coût des importations pour les administrations locales et réduit leur pouvoir d'achat réel. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : chaque naira envoyé au pays vaut moins en devises fortes, ce qui pèse sur les envois vers les familles et les projets locaux.
Reste à savoir si cette dynamique tient sur la durée. La hausse des recettes internes donne aux États une marge de manœuvre budgétaire, mais elle ne règle pas la question de la dépendance aux allocations fédérales. Tant que la base fiscale locale reste étroite dans la majorité des États, la moindre baisse des prix du pétrole ou un ralentissement économique national suffirait à fragiliser ces équilibres. Le vrai test sera la capacité des gouvernements locaux à transformer cet argent en infrastructures et en services, pas seulement à boucler leurs fins de mois.
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