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Nigeria : les recettes des États fédérés bondissent de 93 % en termes réels, dopées par les dépenses d'investissement

La Banque mondiale révèle que les recettes des gouvernements des États nigérians ont grimpé de 93 % en termes réels entre 2023 et 2025, tandis que les dépenses augmentaient de 92 %, soutenant l'expansion des investissements publics.

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Rédaction SendXOF

Publié le 9 octobre 2026

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Nigeria : les recettes des États fédérés bondissent de 93 % en termes réels, dopées par les dépenses d'investissement

Les caisses des États nigérians ne désemplissent pas. Entre 2023 et 2025, leurs recettes ont bondi de 93 % en termes réels, selon un rapport de la Banque mondiale publié cette semaine. Dans le même temps, les dépenses ont augmenté de 92 %. Un rythme quasi identique, qui traduit une machine publique qui tourne à plein régime. Les gouverneurs encaissent davantage, mais ils dépensent tout autant. La hausse des transferts fédéraux, alimentée par la fin des subventions sur l'essence et la dépréciation du naira qui gonfle la valeur en monnaie locale des recettes pétrolières, explique en grande partie cette manne. Reste à savoir si cet argent se transforme en routes, hôpitaux et écoles — ou s'il disparaît dans le fonctionnement courant.

La Banque mondiale note que cette embellie a soutenu l'expansion des dépenses en capital. Traduction : les États investissent plus qu'avant. Mais l'institution basée à Washington tempère. La qualité de ces dépenses reste inégale. Certains États ont profité de la hausse pour lancer des projets d'infrastructures visibles, d'autres ont surtout vu leurs charges de personnel et leurs frais administratifs grimper. Le Nigeria compte 36 États fédérés, et les écarts entre eux sont considérables. Lagos, riche en recettes fiscales internes, n'a pas les mêmes marges que Zamfara ou Yobe, qui dépendent presque entièrement des transferts du centre. La dévaluation du naira a aussi un effet pervers : elle renchérit le coût des importations nécessaires aux chantiers publics.

Cette dynamique monétaire n'est pas sans conséquence pour les opérateurs ouest-africains. Le naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis juin 2023, date de la libéralisation du marché des changes. Pour les commerçants qui achètent au Nigeria et revendent dans la zone CFA, chaque fluctuation du taux de change se répercute directement sur leurs marges. Des plateformes numériques comme SendXOF affichent en temps réel le taux naira-franc CFA pour que les transferts entre les deux zones ne se fassent pas à l'aveugle. La diaspora nigériane, elle, envoie toujours plus d'argent au pays : les transferts ont dépassé 20 milliards de dollars en 2024, selon la Banque mondiale.

La question qui reste en suspens est celle de la soutenabilité. Les recettes des États ont grimpé parce que le gouvernement fédéral a redistribué davantage. Mais cette redistribution dépend elle-même des cours du pétrole et du taux de change. Si le naira se stabilise et que les prix du brut baissent, la mécanique s'enraye. Plusieurs gouverneurs ont déjà commencé à élargir leur assiette fiscale interne, en taxant davantage les terres et les transactions. C'est la seule voie pour que la hausse des recettes ne soit pas qu'un feu de paille lié à l'inflation et à la dévaluation. Les chiffres de la Banque mondiale disent une chose simple : les États nigérians ont plus d'argent qu'il y a deux ans. Ils n'ont pas encore prouvé qu'ils savent le dépenser mieux.

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