Nigeria : les prix des produits de grande consommation se stabilisent en août
Les prix des biens de grande consommation emballés sont restés stables en août au Nigeria, portés par le reflux de l'inflation alimentaire et la détente des cours des matières premières.

Les prix des produits de grande consommation ont cessé de grimper au Nigeria. En août, les étiquettes des biens emballés — savon, lait en poudre, pâtes, boissons — sont restées quasiment figées, selon les relevés de marché compilés par les analystes locaux. La tendance tranche avec les mois précédents, quand chaque semaine apportait son lot de hausses. Le reflux de l'inflation alimentaire explique en grande partie ce coup d'arrêt. Les denrées de base, qui avaient flambé après la fin de la subvention sur l'essence en 2023, retrouvent des niveaux plus raisonnables. Les industriels respirent : leurs coûts de production, tirés par le carburant et le transport, cessent de s'envoler.
La détente vient aussi des matières premières importées. Le blé, le sucre, l'huile de palme brute se négocient moins cher sur les marchés internationaux qu'il y a un an. Pour des groupes comme Nestlé Nigeria, Unilever ou Dangote Sugar, qui achètent une bonne partie de leurs intrants en dollars, la facture s'allège. Le naira, lui, reste faible face au dollar, ce qui limite la baisse des prix en rayon. Les entreprises absorbent une partie du choc, mais elles ne peuvent pas tout répercuter. Résultat : les prix se stabilisent, sans reculer franchement. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : un naira plus stable rend les envois de fonds plus prévisibles pour les familles qui achètent ces produits au quotidien.
Les distributeurs restent prudents. Les stocks constitués pendant la période de forte inflation pèsent encore sur les marges. Certains supermarchés de Lagos ou d'Abuja préfèrent écouler leurs anciens lots avant d'ajuster les prix. La concurrence joue aussi : les marques locales, moins chères, gagnent du terrain face aux produits importés. Cette guerre des prix profite au consommateur, mais elle fragilise les petits commerçants, qui achètent en gros sans pouvoir négocier. Le marché reste fragmenté, avec des écarts importants entre le nord et le sud du pays.
Cette accalmie ne signifie pas retour à la normale. L'inflation globale au Nigeria reste élevée, autour de 30 % sur un an, et la moindre secousse sur le naira ou le pétrole peut relancer la spirale. Les analystes surveillent la prochaine récolte céréalière et les décisions de la banque centrale sur les taux. Si le naira se stabilise durablement, les prix des produits emballés pourraient baisser légèrement au dernier trimestre. Mais les industriels, échaudés par deux ans de tempête, préfèrent annoncer la stabilité plutôt que des baisses. Une prudence qui en dit long sur la fragilité de la reprise.
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