Nigeria : les opérateurs réclament une refonte de la stratégie d'infrastructure numérique
Des acteurs du secteur numérique nigérian pressent le gouvernement fédéral, les régulateurs et le privé de revoir la stratégie d'infrastructure pour attirer les investissements et combler le déficit de connectivité.

Le débat sur l'infrastructure numérique nigériane revient sur la table. Des opérateurs du secteur ont publiquement demandé au gouvernement fédéral, aux régulateurs et aux entreprises privées de repenser en profondeur la stratégie nationale. Le constat est simple : malgré une croissance rapide de la demande en données, le pays reste en retard sur le déploiement de fibre optique, de centres de données et de réseaux de nouvelle génération. Les zones rurales, qui abritent une large part de la population, restent mal desservies. Les investisseurs, eux, attendent des règles claires et stables avant d'engager des capitaux sur le long terme.
Le problème n'est pas seulement technique. Il est aussi institutionnel. Les chevauchements de compétences entre agences fédérales, États et régulateurs ralentissent les autorisations. À Lagos, les opérateurs se plaignent de taxes multiples et de droits de passage coûteux pour poser de la fibre. Dans le nord, l'insécurité complique l'entretien des installations existantes. Résultat : le coût de déploiement grimpe, et les tarifs de connexion restent parmi les plus élevés de la sous-région. Pour les entreprises tech locales, cela freine l'essor des services cloud et des paiements numériques.
Les appels à une refonte interviennent alors que le gouvernement affiche une ambition numérique affichée. Le plan Nigeria 2025-2029 prévoit d'étendre la couverture Internet à 70 % de la population. Mais sans coordination entre le ministère des Communications, la NCC et le secteur privé, les objectifs risquent de rester lettre morte. Les opérateurs proposent un guichet unique pour les autorisations, un cadre fiscal harmonisé et des incitations ciblées pour les zones rurales. Ils soulignent aussi la nécessité d'un fonds d'investissement dédié, alimenté par les recettes du secteur, pour financer les infrastructures là où le marché seul n'ira pas.
Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la simple connectivité. Une infrastructure numérique solide conditionne la compétitivité des banques, des fintechs et des entreprises exportatrices. Sans elle, la transition vers une économie diversifiée reste fragile. Les prochaines décisions du gouvernement fédéral seront scrutées par les investisseurs étrangers, qui comparent le pays aux autres marchés africains. Le statu quo coûte cher : chaque année de retard creuse l'écart avec des concurrents comme le Kenya ou l'Afrique du Sud.
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