Nigeria : les investisseurs miniers freinés par l'insécurité
Le Nigeria veut exploiter un potentiel minéral estimé à 700 milliards de dollars, mais les violences dans les zones d'extraction poussent les investisseurs étrangers à la prudence.

Le Nigeria veut faire de son sous-sol un nouveau moteur de croissance. Le pays disposerait de réserves minérales estimées à 700 milliards de dollars, selon les autorités. Or, l'or, le lithium, le coltan ou le fer restent largement inexploités. Les investisseurs étrangers, eux, hésitent. En cause : les violences qui frappent plusieurs États du nord et du centre, où se concentrent les gisements. Des groupes armés, des enlèvements et des attaques contre des sites miniers découragent les opérateurs.
Sur le terrain, les exemples se multiplient. Dans l'État de Zamfara, des centaines de mineurs ont fui leurs sites après des raids de bandits armés. Au plateau de Jos, les communautés locales et les exploitants vivent sous la menace d'attaques sporadiques. Les compagnies minières étrangères, notamment chinoises et australiennes, demandent des garanties de sécurité avant d'engager des capitaux. Le gouvernement nigérian promet des corridors sécurisés et des partenariats avec l'armée, mais les promesses se heurtent à la réalité du terrain.
Le secteur minier ne pèse aujourd'hui que 0,3 % du PIB nigérian, contre plus de 8 % pour le pétrole. Abuja veut porter cette part à 10 % d'ici 2030. Pour y parvenir, il faudrait des investissements massifs dans l'exploration, les routes et l'électricité. Or, sans sécurité, les financements restent bloqués. Les analystes notent que le Nigeria rivalise avec des pays comme la RD Congo ou la Zambie, où les risques sont mieux encadrés. La différence se joue sur la stabilité des sites et la prévisibilité des règles.
Pour l'instant, les autorités misent sur des réformes législatives et des incitations fiscales. Mais les investisseurs regardent d'abord les faits. Tant que les violences persisteront, le potentiel minier nigérian restera largement virtuel. Les recettes attendues, elles, ne remplaceront pas le pétrole avant longtemps. Le pays doit d'abord sécuriser ses terres avant de convaincre les capitaux.
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