Nigeria : les importations de brut des raffineries locales bondissent de 151 % en juillet
Selon la NMDPRA, les raffineries locales ont importé 5,13 millions de barils de pétrole brut en juillet, contre 2,04 millions en juin. Une hausse de 151,5 % qui s'explique par la chute de l'offre locale de brut.

Les raffineries nigérianes ont massivement augmenté leurs achats de pétrole brut à l'étranger en juillet. D'après les données publiées par la Nigerian Midstream and Downstream Petroleum Regulatory Authority (NMDPRA), les importations de brut ont atteint 5,13 millions de barils, contre 2,04 millions le mois précédent. Soit une progression de 151,5 % en l'espace de trente jours. Cette flambée traduit un déséquilibre persistant entre la production nationale et les besoins des unités de raffinage locales.
L'offre domestique de brut s'est en effet effondrée sur la période. Les raffineries locales n'ont reçu que 1,2 million de barils en juillet, contre 3,1 millions en juin, selon la même source. Cette chute de près de 60 % a contraint les opérateurs à se tourner vers les marchés internationaux pour maintenir leur activité. Les raisons de cette baisse sont multiples : maintenance sur les champs pétroliers, problèmes logistiques, ou encore détournement d'une partie de la production vers les terminaux d'exportation. Résultat, les raffineries paient désormais le brut en devises, ce qui alourdit leur facture et pèse sur leurs marges.
Cette situation intervient dans un contexte où le Nigeria cherche à réduire sa dépendance aux importations de carburants. La raffinerie de Dangote, qui devait incarner cette indépendance, tourne toujours en dessous de sa capacité nominale. Ses besoins en brut sont énormes, et elle se heurte elle aussi aux aléas de l'approvisionnement local. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque variation des prix du pétrole influence les réserves de change du pays et, in fine, la valeur du naira. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ce taux en temps réel sur leurs interfaces.
À plus long terme, cette hausse des importations de brut interroge la stratégie énergétique du Nigeria. Le pays pompe environ 1,5 million de barils par jour, mais une partie croissante de cette production part à l'exportation, pendant que ses raffineries achètent ailleurs. Un paradoxe coûteux. Les autorités devront arbitrer entre maximiser les recettes pétrolières et approvisionner correctement le marché intérieur. En attendant, les raffineries continueront de subir la volatilité des cours et les aléas logistiques, avec des répercussions directes sur les prix à la pompe.
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