Nigeria : les importations d'essence chutent de 30 % malgré une demande record
En septembre 2026, le Nigeria a importé 10,2 millions de litres d'essence par jour, soit une baisse de 30,1 % sur un an, alors que la consommation quotidienne atteint 44,4 millions de litres, portée par la raffinerie Dangote.

Le Nigeria a importé 10,2 millions de litres d'essence par jour en septembre 2026, contre 14,6 millions un an plus tôt. Cette chute de 30,1 % des volumes importés intervient pourtant à un moment où la demande nationale explose : 44,4 millions de litres consommés chaque jour, selon les chiffres officiels. Le pays brûle plus de carburant que jamais, mais il en achète de moins en moins à l'étranger. Le paradoxe n'est qu'apparent : la raffinerie Dangote, à Lekki, monte en puissance et grignote la part des importations dans l'approvisionnement du marché intérieur.
La baisse des importations ne signe pas un ralentissement de l'activité économique. Elle traduit un basculement structurel : le Nigeria, historiquement dépendant des cargaisons de carburant venues d'Europe et d'Asie, commence à produire localement ce qu'il consomme. La raffinerie de Dangote, avec ses 650 000 barils par jour de capacité, a livré ces derniers mois des volumes croissants sur le marché domestique. Les importateurs, eux, réduisent la voilure faute de débouchés aussi larges qu'avant. Ce mouvement modifie la donne pour les acteurs du change : moins de devises sortent pour payer l'essence, ce qui allège la pression sur les réserves en dollars. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un Naira moins sous tension se négocie différemment sur les marchés parallèles.
La consommation de 44,4 millions de litres par jour surprend par son niveau. Elle dépasse les prévisions de nombreux analystes qui tablaient sur un tassement après la suppression des subventions en 2023. La réalité est autre : la démographie, l'urbanisation et la reprise du transport routier soutiennent la demande. Le Nigeria reste le premier marché pétrolier d'Afrique de l'Ouest, et chaque hausse de la consommation se répercute sur les besoins en devises du pays. Si la production locale suit, l'effet sera double : moins de pression sur le Naira et une meilleure maîtrise des prix à la pompe. Dans le cas contraire, le pays restera exposé aux soubresauts du marché international.
Les chiffres de septembre 2026 confirment une tendance de fond : le Nigeria produit de plus en plus de carburant chez lui et importe de moins en moins. La raffinerie Dangote n'est pas encore à pleine capacité, mais elle change déjà la physionomie du marché. Les prochains mois diront si cette dynamique se consolide ou si elle marque une pause. Une chose est sûre : le pays ne sera plus jamais l'importateur net qu'il a été pendant des décennies.
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