Nigeria : les gouverneurs face au casse-tête de l'électricité après la fin des subventions
Six États nigérians doivent gérer les économies issues de la fin des subventions pétrolières. Enugu, Rivers, Adamawa, Nassarawa, Sokoto et Ondo sont scrutés sur leur capacité à résoudre la crise électrique.

Le débat sur l'utilisation des économies générées par la fin des subventions pétrolières rebondit au Nigeria. Cette semaine, six États sont passés au crible : Enugu, Rivers, Adamawa, Nassarawa, Sokoto et Ondo. La question est simple : que font les gouverneurs de l'argent qui ne part plus dans les subventions ? Une partie de la réponse concerne l'électricité, un secteur qui paralyse l'économie locale depuis des années. Les États fédérés ont reçu des fonds supplémentaires, mais les résultats sur le terrain restent difficiles à mesurer.
Prenons Rivers, l'un des plus riches. L'État produit du pétrole et du gaz, mais les coupures de courant y sont monnaie courante. Les entreprises locales tournent au générateur, ce qui alourdit leurs coûts. À Enugu, la situation n'est pas meilleure : le réseau électrique vieillit et les investissements promis tardent. Adamawa, Nassarawa, Sokoto et Ondo font face aux mêmes maux : infrastructures délabrées, factures impayées, et une population qui attend des résultats concrets. Les gouverneurs promettent des centrales solaires et des mini-réseaux, mais les chantiers avancent lentement.
Le lien avec les transferts d'argent est réel. Quand l'électricité manque, les banques ferment plus tôt, les distributeurs automatiques tombent en panne et les services de transfert numérique deviennent indispensables. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les opérateurs de mobile money et les plateformes en ligne profitent de cette faille pour capter une clientèle qui ne peut plus compter sur les agences bancaires classiques.
Au final, la fin des subventions devait libérer des marges de manœuvre. Mais sans électricité stable, ces économies risquent de partir en fumée. Les gouverneurs sont attendus sur des projets visibles : lignes haute tension, solaire communautaire, maintenance des postes de transformation. Tant que les coupures continueront, les Nigérians jugeront sur les résultats, pas sur les annonces. Et les États qui échoueront devront expliquer pourquoi l'argent des subventions n'a pas allumé une seule ampoule de plus.
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