Nigeria : les géologues économistes réclament une transformation locale des minerais
La Nigerian Society of Economic Geologists presse Abuja de délaisser l'exportation brute des minerais au profit d'une transformation locale, arguant que la valeur ajoutée reste hors des frontières.

Le Nigeria exporte ses minerais sans les transformer, et cela coûte cher. La Nigerian Society of Economic Geologists (NSEG) monte au créneau. Son président, le Dr Abdulrasaq Garba, a publiquement demandé au gouvernement de changer de cap : investir dans des usines de traitement sur le sol nigérian, former des techniciens et bâtir les infrastructures nécessaires. L'idée est simple : au lieu d'expédier du minerai brut, le pays vendrait des produits finis ou semi-finis, plus chers et plus rentables. Une manière de garder une partie de la valeur ajoutée à l'intérieur des frontières, au lieu de la laisser filer vers les acheteurs étrangers.
Le constat n'est pas nouveau, mais il devient pressant. Le Nigeria dispose de réserves de lithium, d'or, d'étain et de terres rares, des minerais très demandés pour la transition énergétique mondiale. Pourtant, l'essentiel part encore brut, faute d'unités de transformation locales. Résultat : les emplois qualifiés se créent ailleurs, et les recettes fiscales restent limitées. Pour le Dr Garba, il ne suffit pas d'extraire ; il faut maîtriser la chaîne de valeur, de l'extraction à la commercialisation. Cela suppose des partenariats technologiques, mais aussi une volonté politique claire et des incitations fiscales pour attirer les investisseurs dans le secteur industriel.
La question du financement reste centrale. Les projets de transformation exigent des capitaux lourds et des délais longs, ce qui rebute souvent les investisseurs pressés de rentabiliser leur mise. La NSEG plaide pour un cadre réglementaire stable, capable de rassurer les opérateurs sur la durée. Elle insiste aussi sur la formation des ingénieurs et des géologues nigérians, pour que le pays ne dépende pas éternellement de l'expertise étrangère. Sans ces briques, les discours sur la valeur ajoutée resteront des vœux pieux.
Sur le terrain, la concurrence est rude. D'autres pays africains, comme la Namibie ou le Zimbabwe, ont déjà interdit l'exportation de certains minerais bruts pour forcer la transformation locale. Le Nigeria, lui, hésite encore entre protéger ses ressources et attirer des devises à court terme. La NSEG ne demande pas un coup de baguette magique, mais une stratégie progressive : commencer par les minerais les plus prometteurs, attirer des industriels, puis élargir. Le temps presse, car la demande mondiale pour les minerais critiques ne faiblira pas de sitôt. Sans transformation locale, le Nigeria continuera de vendre ses richesses au rabais.
Envoyez votre argent au Nigeria au meilleur taux
SendXOF est la plateforme numérique francophone spécialisée dans les transferts FCFA → Naira. Taux compétitif, transferts instantanés, disponible 7j/7 depuis le Sénégal, la Côte d'Ivoire, le Mali et le Burkina Faso.
Articles similaires

Chine et États-Unis : le défi de la normalité économique
Après quarante ans de croissance spectaculaire, la Chine et les États-Unis doivent désormais composer avec une économie ordinaire, loin des taux de progression des décennies passées.

Capital bancaire renforcé : les entreprises nigériannes attendent des crédits plus clairs
Les banques nigériannes ont augmenté leur capital, mais les petites entreprises demandent surtout des décisions de prêt plus rapides et des critères transparents pour financer leur croissance.

Kebbi : une startup nutritionnelle décroche 50 000 dollars pour produire local
EHA Impact Ventures investit 50 000 dollars dans Mainstream, une jeune pousse de Kebbi qui transforme les aliments locaux. L'objectif : passer à l'échelle et réduire la dépendance aux importations.