Nigeria : les géologues économistes pressent Abuja de transformer ses minerais sur place
La Nigerian Society of Economic Geologists estime que le pays ne peut pas se contenter d'exporter des minerais bruts. Elle plaide pour une transformation locale qui créerait de la valeur et des emplois.

La Nigerian Society of Economic Geologists (NSEG) a tranché : exporter des minerais non transformés ne suffira pas à faire du Nigeria une puissance minière. Son président, dont les propos ont été rapportés cette semaine, appelle Abuja à dépasser le stade de simple exportateur de matières premières. Le pays extrait de l'étain, du coltan, du lithium, de l'or, mais l'essentiel part brut, souvent vers la Chine ou l'Europe, sans que la valeur ajoutée reste sur le sol nigérian. Un schéma que les géologues jugent intenable à long terme.
Le problème n'est pas nouveau. Le Nigeria a longtemps vécu sur le pétrole, délaissant un secteur minier pourtant prometteur. Les autorités affichent depuis quelques années une volonté de diversification, avec un ministère du Développement des minéraux solides et des annonces régulières sur les permis d'exploitation. Mais sur le terrain, les infrastructures manquent, l'électricité reste fragile et les capacités de raffinage ou de fonderie sont quasi inexistantes. Résultat : les minerais partent comme ils sortent de terre, et le pays importe ensuite des produits finis à prix fort.
Pour la NSEG, la transformation locale est la seule voie capable de retenir une partie de la chaîne de valeur. Cela suppose des usines, des compétences techniques et un cadre fiscal stable pour attirer les investisseurs. Le défi est de taille : le Nigeria forme encore trop peu d'ingénieurs spécialisés dans la métallurgie, et les communautés minières réclament des retombées concrètes. Sans ces maillons, les discours sur la diversification resteront lettre morte.
La question dépasse le seul secteur minier. Elle touche à la structure même de l'économie nigériane, dépendante des importations pour des biens qu'elle pourrait produire. Transformer sur place, c'est réduire la facture en devises, créer des emplois industriels et stabiliser les recettes fiscales. Mais c'est aussi un chantier de longue haleine, qui exige des choix politiques courageux et des financements massifs. Les géologues de la NSEG le rappellent : sans transformation, le Nigeria continuera de vendre sa richesse au rabais.
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