Nigeria : les files d'attente s'allongent aux stations de gaz naturel comprimé
Les automobilistes ayant converti leur véhicule au GNV pour échapper aux prix élevés de l'essence passent désormais des heures dans les rares stations disponibles, révélant un réseau encore insuffisant.

À Lagos et dans plusieurs villes nigérianes, les stations de gaz naturel comprimé (GNV) ne désemplissent pas. Des automobilistes qui ont fait convertir leur moteur pour fuir le prix de l'essence se retrouvent à patienter des heures, parfois dès l'aube, pour remplir leur réservoir. Le phénomène prend de l'ampleur depuis la suppression des subventions sur les carburants en 2023, qui a fait bondir le prix du litre d'essence. La conversion au GNV est devenue une alternative économique évidente pour les transporteurs et les particuliers, mais l'infrastructure suit mal.
Le gouvernement nigérian pousse pourtant activement cette transition. Le Programme présidentiel de gaz naturel comprimé, lancé en 2023, vise à convertir un million de véhicules et à installer des milliers de stations à travers le pays. Sur le papier, l'objectif est ambitieux. Dans les faits, le nombre de stations opérationnelles reste très faible, concentré dans quelques grandes villes. Résultat : les files s'allongent, les temps d'attente explosent et certains automobilistes commencent à douter de la rentabilité de leur conversion.
Le secteur privé tente de combler le retard. Des entreprises comme NIPCO Gas investissent dans de nouvelles stations, mais les délais de construction et les contraintes réglementaires ralentissent le déploiement. Pour les transporteurs, chaque heure passée à la pompe est une heure de revenu perdue. La question du maillage territorial devient cruciale : sans stations de proximité, le GNV restera une solution pratique pour une minorité, pas pour le gros des usagers.
Cette congestion aux stations révèle un défi classique de transition énergétique : l'offre met du temps à rattraper la demande. Le Nigeria dispose d'immenses réserves de gaz, mais transformer cette richesse en carburant accessible au quotidien demande des investissements lourds et une coordination entre l'État et les opérateurs. En attendant, les automobilistes font le calcul : le GNV coûte moins cher au kilomètre, mais le temps perdu à la pompe pèse de plus en plus lourd dans l'équation.
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