Nigeria : les exportateurs accusent l'Autorité portuaire de bloquer les cargaisons
Les exportateurs nigérians de produits non pétroliers dénoncent le retour à des approbations manuelles à l'Autorité portuaire, qui allonge les délais et menace leurs contrats à l'export.

Les exportateurs nigérians de produits non pétroliers ne décolèrent pas. Ils accusent l'Autorité portuaire du Nigeria (NPA) d'avoir remplacé un système automatisé fluide par des approbations manuelles, selon une dépêche publiée ce lundi. Résultat : les cargaisons s'accumulent dans les ports de Lagos et de Port Harcourt, les délais s'allongent et les contrats à l'export deviennent difficiles à tenir. Le secteur non pétrolier, qui représentait environ 15 % des recettes en devises du pays en 2023, voit s'envoler ses coûts logistiques.
La NPA n'a pas encore répondu aux accusations. Mais sur le terrain, les opérateurs décrivent un retour en arrière. « Avant, une validation prenait quelques heures. Aujourd'hui, il faut parfois trois jours pour un simple bon de sortie », témoigne un exportateur de cacao basé à Akure. Ce blocage intervient alors que le gouvernement nigérian pousse pour diversifier les exportations hors pétrole et profiter de la dépréciation du naira pour gagner en compétitivité. Les produits agricoles transformés, comme le sésame ou l'huile de palme, sont les premiers touchés.
Les entreprises exportatrices doivent désormais intégrer ces délais supplémentaires dans leurs calculs. Certaines envisagent de se tourner vers des ports voisins, au Bénin ou au Togo, pour éviter l'engorgement. D'autres réclament une intervention rapide du ministère de l'Industrie et du Commerce. Pour les opérateurs de change et les plateformes de transfert, ce genre de friction logistique pèse sur les volumes d'échanges et donc sur la demande de devises. Des acteurs comme SendXOF suivent ces flux de près, car les recettes d'exportation en dollars ou en euros alimentent directement le marché des changes.
La balle est désormais dans le camp de la NPA et du gouvernement. Sans une réforme rapide des procédures portuaires, le Nigeria risque de rater le coche de la diversification. Les exportateurs, eux, continuent de payer le prix fort : chaque jour de retard, c'est une pénalité de plus et un client qui hésite à renouveler sa commande. Le pays a besoin de ces devises non pétrolières pour stabiliser le naira. Bloquer les ports, c'est bloquer l'économie.
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