Nigeria : les économistes appellent à des réformes pour attirer les investissements émiratis
Selon des économistes, le Nigeria peut séduire davantage les investisseurs des Émirats arabes unis en réformant son secteur pétrolier et gazier, en assainissant le marché des changes et en ouvrant son énergie et ses infrastructures.

Les Émirats arabes unis disposent de capitaux abondants, mais ils ne viennent pas au Nigeria sans conditions. Plusieurs économistes le martèlent : pour capter une part plus importante de ces investissements, Abuja doit réformer son secteur pétrolier et gazier, améliorer la liquidité sur le marché des changes et ouvrir davantage ses infrastructures à des partenariats internationaux. Les Émirats, déjà présents via des fonds souverains et des entreprises comme DP World, cherchent des débouchés stables. Le Nigeria, avec ses 200 millions d'habitants et ses ressources naturelles, reste une destination attractive sur le papier, mais les investisseurs butent sur des lenteurs administratives et une réglementation changeante.
Le secteur pétrolier et gazier est le point d'ancrage. Les Émirats ont investi massivement dans le raffinage et la logistique en Afrique, notamment au Maroc et en Égypte. Le Nigeria, avec sa raffinerie de Dangote qui tourne à pleine capacité depuis peu, commence à peine à réduire sa dépendance aux importations de carburant. Mais les retards dans les projets gaziers et les incertitudes fiscales freinent les ardeurs. Un cadre réglementaire plus clair, comme celui adopté en 2021 avec la loi sur l'industrie pétrolière, doit être pleinement appliqué pour rassurer les partenaires émiratis, qui exigent des garanties sur le rapatriement de leurs bénéfices.
La liquidité en devises est un autre point crucial. Le naira a subi une pression constante, perdant plus de 50 % de sa valeur depuis l'unification des taux de change en juin 2023. Les investisseurs étrangers veulent être sûrs de pouvoir sortir leurs fonds sans pertes excessives. La banque centrale a multiplié les interventions, mais les réserves restent fragiles, autour de 34 milliards de dollars. Pour les opérateurs économiques, cette volatilité complique la planification. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces fluctuations en temps réel, permettant aux commerçants de sécuriser leurs transactions entre le naira et le franc CFA.
Au-delà des promesses, Abuja devra prouver sa capacité à exécuter. Les Émirats ont déjà annoncé des investissements de plusieurs milliards de dollars dans les ports et les télécoms, mais leur concrétisation dépendra de la stabilité politique et de la prévisibilité réglementaire. Le Nigeria a une fenêtre à saisir : la demande énergétique mondiale et la réorganisation des chaînes d'approvisionnement poussent les pays du Golfe à diversifier leurs placements. Une réforme en profondeur pourrait transformer cette opportunité en flux d'investissements durables.
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