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Nigeria : les contrats mal ficelés plombent les projets d'infrastructure énergétique

L'avocate Josephine Udonsak met en garde les investisseurs du secteur pétrolier et gazier contre des contrats mal rédigés qui bloquent les projets d'infrastructure au Nigeria.

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Rédaction SendXOF

Publié le 28 septembre 2026

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Josephine Udonsak connaît le dossier. Associée chez Dentons ACAS-Law, elle a passé des années à décortiquer les montages contractuels du secteur énergétique nigérian. Son constat, livré cette semaine devant des opérateurs du pétrole et du gaz, tient en une phrase : les projets d'infrastructure calent moins par manque de financements que par des contrats mal pensés. Des clauses floues, des répartitions de risques déséquilibrées, des mécanismes de règlement des litiges inadaptés. Résultat, les chantiers traînent, les coûts explosent et les investisseurs étrangers hésitent à remettre au pot.

Le problème n'est pas théorique. Le Nigeria traîne un déficit d'infrastructures énergétiques abyssal : réseaux de transport gazier vétustes, capacités de raffinage insuffisantes, oléoducs sabotés ou sous-entretenus. Chaque nouveau projet — terminal gazier, centrale, pipeline — mobilise des centaines de millions de dollars et des montages contractuels complexes entre l'État, les majors et des partenaires locaux. Quand les termes du contrat sont bancals, la moindre anicroche se transforme en contentieux de plusieurs années. Les tribunaux nigérians croulent, les arbitrages internationaux coûtent cher, et pendant ce temps, rien ne se construit.

Udonsak pointe un angle souvent négligé : la phase de négociation. Les opérateurs pressés signent des accords-cadres trop généraux, renvoyant les détails à plus tard. Sauf que dans un environnement où les prix du brut bougent, où la réglementation change au gré des administrations, où le risque sécuritaire varie d'un État à l'autre, ces zones d'ombre deviennent des pièges. Les investisseurs qui ont déjà perdu de l'argent dans des projets bloqués le savent : mieux vaut passer six mois de plus à négocier qu'à traîner cinq ans devant les tribunaux.

Pour le Nigeria, l'enjeu dépasse la simple question juridique. Le pays veut attirer des capitaux pour financer sa transition énergétique et exploiter ses réserves gazières. Mais tant que les contrats resteront le maillon faible, les bailleurs de fonds internationaux préféreront d'autres destinations. La solution passe par des équipes juridiques intégrées dès la conception des projets, pas convoquées en urgence quand le litige éclate. Une leçon que d'autres marchés africains ont déjà apprise à leurs dépens.

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