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Nigeria : le tourisme réclame des prêts moins chers après la baisse de la CBN

La fédération du tourisme nigérian presse les banques de répercuter la baisse de 350 points de base du taux directeur de la CBN sur les crédits aux entreprises, faute de quoi l'investissement restera bloqué.

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Rédaction SendXOF

Publié le 6 octobre 2026

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Nigeria : le tourisme réclame des prêts moins chers après la baisse de la CBN

La Banque centrale du Nigeria a abaissé son taux directeur de 350 points de base. Une décision que la Fédération des associations touristiques du Nigeria (FTAN) accueille avec prudence. Pour ses membres, la baisse ne vaut que si les banques commerciales la traduisent en crédits moins chers. Or, dans les faits, les taux appliqués aux entreprises du secteur restent élevés, parfois au-delà de 30 %. Résultat : les projets d'hôtellerie, de transport ou d'écotourisme restent en suspens, faute de financement abordable.

Le problème n'est pas nouveau. Le Nigeria traîne une inflation à deux chiffres depuis des mois, ce qui pousse la CBN à maintenir une politique monétaire serrée. La récente détente de 350 points de base marque un tournant, mais les banques hésitent à répercuter la baisse. Elles invoquent le coût du risque, la faiblesse des dépôts et la volatilité du naira. Pour les opérateurs touristiques, cette inertie revient à une hausse déguisée : les taux nominaux baissent, mais les conditions d'accès au crédit ne s'améliorent pas.

Le tourisme pèse moins de 5 % du PIB nigérian, selon les estimations officielles. Un poids faible, mais un potentiel réel : le pays mise sur ses plages, ses parcs et son patrimoine culturel pour diversifier une économie encore dépendante du pétrole. Sans crédit abordable, les petits opérateurs — guides, hôteliers, transporteurs — ne peuvent ni moderniser leurs infrastructures ni embaucher. La FTAN réclame des taux préférentiels, voire un guichet dédié au tourisme. Une demande qui, pour l'instant, reste lettre morte auprès des banques.

La balle est désormais dans le camp des établissements financiers. La CBN a envoyé un signal. Reste à savoir si les banques suivront, ou si elles continueront de protéger leurs marges. Pour le secteur touristique, l'enjeu dépasse la simple question du taux : c'est la capacité du Nigeria à financer une croissance hors pétrole qui se joue. Et sur ce terrain, les annonces de politique monétaire ne suffisent pas. Il faut des actes.

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