Nigeria : le taux au jour le jour grimpe à 22,20 % après une enchère de bons du Trésor
Le taux des prêts interbancaires au jour le jour au Nigeria a progressé de deux points de base à 22,20 %, tandis que la liquidité du système financier s'est resserrée après le règlement de l'enchère de bons du Trésor par la banque centrale. Le taux de rachat ouvert est resté stable à 22,00 %.

La banque centrale du Nigeria a encaissé le paiement des bons du Trésor émis lors de sa dernière enchère, et l'effet se fait sentir sur le marché interbancaire. Le taux des prêts au jour le jour a grimpé de deux points de base pour atteindre 22,20 %, selon les données compilées mardi. Dans le même temps, le taux de rachat ouvert est resté figé à 22,00 %, un niveau qu'il tient depuis plusieurs jours. Les banques, qui avaient anticipé ce mouvement, se sont ruées sur la liquidité disponible, mais l'offre reste mince.
Cette tension sur la liquidité n'est pas un accident. La banque centrale nigériane, sous la houlette de son gouverneur, a resserré sa politique monétaire pour juguler l'inflation, qui dépasse toujours les 20 % sur un an. En drainant les nairas excédentaires du système, elle oblige les banques à se refinancer à des coûts plus élevés. Résultat : les taux courts restent élevés, et cela se répercute sur les prêts aux entreprises et aux particuliers. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les écarts de taux entre les monnaies se creusent.
Les opérateurs du marché monétaire suivent de près les prochaines émissions de titres publics. Si la banque centrale maintient son rythme d'absorption, les taux pourraient encore monter. À l'inverse, un assouplissement, même léger, détendrait immédiatement la pression. En attendant, les banques composent avec des marges serrées et répercutent ces coûts sur leurs clients. Les entreprises qui dépendent du crédit à court terme, notamment dans le commerce et l'import-export, surveillent chaque mouvement.
Au-delà du chiffre, c'est la stratégie de la banque centrale qui se dessine : donner la priorité à la stabilité des prix, quitte à brider la croissance. Cette approche a un coût, et il se lit dans ces taux élevés. Pour l'instant, les acteurs économiques n'ont d'autre choix que de s'adapter à un environnement où l'argent coûte cher. Les prochaines semaines diront si cette politique porte ses fruits ou si elle étouffe une activité déjà fragilisée par la dépréciation du naira.
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