Nigeria : le surplus courant devrait atteindre 6 % du PIB en 2026, selon la Banque mondiale
La Banque mondiale projette un élargissement du surplus du compte courant nigérian de 4,8 % du PIB en 2025 à 6,0 % en 2026, porté par la hausse des exportations pétrolières et la compression des importations.

Le compte courant nigérian respire mieux que prévu. La Banque mondiale table sur un surplus de 6,0 % du produit intérieur brut en 2026, contre 4,8 % estimé pour 2025. Ce solde positif mesure la différence entre ce que le pays encaisse de l'étranger et ce qu'il y dépense. Dans le cas du Nigeria, il repose largement sur le pétrole brut, dont les cours se maintiennent au-dessus des seuils budgétaires depuis plusieurs trimestres. Les recettes d'exportation d'hydrocarbures ont représenté plus de 80 % des entrées de devises au premier semestre 2025, selon les données de la Banque centrale du Nigeria.
La compression des importations joue aussi. Les achats de biens et services à l'étranger ont reculé de 12 % en glissement annuel sur les neuf premiers mois de 2025, conséquence directe de la dépréciation du naira et du ralentissement de la consommation des ménages. Les entreprises locales se tournent davantage vers des intrants régionaux, notamment dans l'agroalimentaire et le textile. Ce repli des importations améliore mécaniquement le solde courant, même si les économistes avertissent qu'il traduit aussi une demande intérieure atone.
Pour les opérateurs de change, ce surplus change la donne. Un excédent courant plus large signifie plus de devises étrangères qui entrent dans le circuit officiel, ce qui peut réduire la pression sur le naira et rapprocher les taux du marché parallèle de ceux du marché officiel. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces variations en temps réel sur leurs interfaces, ce qui permet aux commerçants et à la diaspora d'ajuster leurs opérations au plus près du taux du jour.
Reste à savoir si cette projection tient. Elle repose sur un baril de pétrole à 75 dollars en moyenne et sur une production nigériane de 1,5 million de barils par jour, deux hypothèses fragiles. Une baisse des cours ou une nouvelle vague de sabotage sur les pipelines du Delta ferait fondre le surplus aussi vite qu'il est apparu. La Banque mondiale elle-même tempère : le pays reste vulnérable aux chocs externes, et la diversification des exportations hors pétrole n'a pas encore produit les effets attendus.
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