Nigeria : le patronat veut remplacer la subvention carburant par des crédits auto abordables
La Chambre de commerce de Lagos et les acteurs de l'automobile réclament des prêts à taux réduits et des échéances allongées pour financer l'achat de véhicules, alors que la fin des subventions sur l'essence a fait exploser les coûts de mobilité.

La Chambre de commerce et d'industrie de Lagos (LCCI) monte au créneau. Avec les acteurs du secteur automobile, elle demande au gouvernement fédéral de mettre en place des crédits à faible taux d'intérêt et à long terme pour permettre aux Nigérians d'acheter des véhicules. L'idée : remplacer la subvention sur l'essence, supprimée en 2023, par un mécanisme de financement qui rende la mobilité plus supportable. Car depuis la fin de la subvention, le prix du litre d'essence a grimpé de 150 nairas à plus de 900 nairas dans certaines stations. Le transport engloutit aujourd'hui une part énorme du budget des ménages.
Le constat est simple : la subvention coûtait cher à l'État, mais sa suppression a renchéri chaque déplacement. Les opérateurs estiment que sans un accès facilité au crédit, les Nigérians ne pourront pas renouveler un parc automobile vieillissant. La LCCI plaide pour des prêts dont la durée dépasse les cinq ans, avec des taux inférieurs à 10 %. Aujourd'hui, les banques commerciales prêtent autour de 30 % pour ce type d'achat. Un écart qui exclut la majorité des salariés et des petits entrepreneurs.
Le débat touche aussi la production locale. Le Nigeria assemble à peine quelques milliers de véhicules par an, alors que la demande potentielle se chiffre en millions. Un financement abordable pourrait stimuler les chaînes d'assemblage de Lagos et de Kaduna, et réduire la dépendance aux importations d'occasion. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les familles arbitrent souvent entre envoyer de l'argent au pays et financer un véhicule sur place.
Reste à savoir si l'État suivra. Le gouvernement a déjà lancé un programme de conversion au gaz naturel comprimé (GNC) pour réduire la facture carburant, mais les stations GNC restent rares. Les stakeholders préviennent : sans crédit auto abordable, la mobilité restera un luxe pour une large frange de la population. La balle est dans le camp du ministère des Finances et de la Banque centrale, qui n'ont pour l'instant pas répondu à cette demande.
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