Nigeria : le patronat réclame des crédits auto à taux réduit après la fin des subventions carburant
La Chambre de commerce de Lagos et les acteurs de l'automobile demandent des prêts à faible taux et à échéances longues pour rendre l'achat de véhicules accessible, alors que la fin des subventions pèse sur le budget des ménages.

La Chambre de commerce et d'industrie de Lagos (LCCI) a joint sa voix à celle des professionnels de l'automobile pour réclamer un dispositif de financement abordable des véhicules. L'idée : remplacer la subvention sur l'essence, supprimée en 2023, par un mécanisme de crédit qui permettrait aux Nigérians d'acheter des voitures sans devoir immobiliser plusieurs années de salaire. À Lagos, où les embouteillages peuvent transformer dix kilomètres en une heure de trajet, la question du coût du transport est devenue un sujet politique.
Les chiffres donnent la mesure du problème. Depuis la fin de la subvention, le prix du litre d'essence a plus que triplé, dépassant les 1 000 nairas dans plusieurs stations de la capitale économique. Pour un salarié au smic, faire le plein d'une berline coûte désormais l'équivalent de plusieurs jours de travail. Les transporteurs, eux, ont répercuté la hausse sur les tarifs, ce qui a fait grimper le budget déplacement de millions de ménages. Dans ce contexte, le crédit auto à taux réduit devient une alternative pour ceux qui peuvent encore emprunter.
Mais le crédit reste cher au Nigeria. La banque centrale a maintenu son taux directeur à 27,5 % en novembre, un niveau record qui se répercute sur les prêts à la consommation. Les établissements proposent rarement des échéances au-delà de trois ans, et exigent des garanties que peu de salariés peuvent fournir. La LCCI plaide pour des taux à un chiffre et des durées de cinq à sept ans, sur le modèle de ce qui se pratique au Kenya ou en Afrique du Sud. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car elle conditionne la capacité des familles à financer un véhicule resté au pays.
Le gouvernement n'a pas encore répondu aux demandes du patronat. Mais le dossier dépasse la seule question automobile. Il touche à la politique monétaire, au pouvoir d'achat et à l'aménagement urbain. Sans transport abordable, les villes nigérianes continueront de s'étendre en tache d'huile, et les heures perdues dans les bouchons pèseront sur la productivité. Les propositions de la LCCI s'inscrivent dans un débat plus large sur la manière de financer la mobilité après la subvention. Pour l'instant, aucun calendrier n'est avancé.
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