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Nigeria : le patron des industriels prévient que la survie n'est pas une stratégie

Segun Ajayi-Kadir, directeur général de l'association des industriels nigérians, alerte : la résilience des fabricants face au change et aux coûts ne pourra pas durer sans casse.

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Rédaction SendXOF

Publié le 28 septembre 2026

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Nigeria : le patron des industriels prévient que la survie n'est pas une stratégie

Segun Ajayi-Kadir ne mâche pas ses mots. Le directeur général de la Manufacturers Association of Nigeria (MAN) a rencontré la presse cette semaine pour dresser un état des lieux sans complaisance du tissu industriel nigérian. Son constat tient en une phrase : les fabricants tiennent, mais ils tiennent mal. Beaucoup tournent en mode survie depuis des mois, rognant sur les marges, reportant les investissements, réduisant les effectifs pour absorber des coûts qui grimpent plus vite que les prix de vente. Cette capacité à encaisser les chocs sans disparaître, Ajayi-Kadir refuse de l'appeler une victoire. Il y voit un sursis.

Le taux de change reste la première pression. Le naira a perdu près de 70 % de sa valeur face au dollar depuis la libéralisation de juin 2023, et chaque industriel nigérian importe une partie de ses intrants — machines, pièces, matières premières, emballages. Résultat : les factures en dollars ont explosé, alors que les revenus restent encaissés en monnaie locale. Ajayi-Kadir parle d'une équation intenable pour les PME manufacturières, qui représentent l'essentiel du secteur. Pour la diaspora ouest-africaine, cette volatilité change la donne sur le coût des transferts, car chaque mouvement de taux se répercute directement sur les montants reçus au pays.

S'ajoutent l'énergie et la logistique. Les industriels nigérians paient l'électricité deux à trois fois plus cher que leurs concurrents asiatiques, et beaucoup produisent leur propre courant au diesel ou au gaz. Le transport routier entre Lagos et Kano coûte désormais plus cher qu'un fret maritime entre Lagos et Rotterdam. Dans ce contexte, la résilience devient un piège : les entreprises qui survivent le font en sacrifiant leur capacité à se moderniser, ce qui les affaiblit pour la reprise.

Le message d'Ajayi-Kadir s'adresse autant au gouvernement qu'aux industriels eux-mêmes. Il demande des mesures concrètes : accès au crédit à taux préférentiel, stabilité du cadre fiscal, infrastructures énergétiques fiables. Sans cela, prévient-il, le passage de la survie à l'incapacité se fera par attrition, une usine après l'autre. Le Nigeria a besoin d'une base manufacturière pour absorber sa main-d'œuvre jeune. La laisser s'étioler en silence coûtera plus cher que n'importe quel plan de sauvetage.

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