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Nigeria : le médiateur fiscal met en garde contre des réformes axées sur les recettes

Le premier médiateur fiscal du Nigeria prévient que poursuivre des objectifs de collecte sans bâtir la confiance des contribuables fragilise tout le système fiscal.

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Rédaction SendXOF

Publié le 20 septembre 2026

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Nigeria : le médiateur fiscal met en garde contre des réformes axées sur les recettes

Le Nigeria compte un médiateur fiscal depuis peu, et sa première sortie publique donne le ton. Dans un discours prononcé en son nom par son chef de cabinet, le Dr John Nwabueze a averti que la course aux recettes menée par l'administration fiscale risque de se retourner contre elle. Son argument est simple : un fisc qui traite chaque contribuable comme une cible à atteindre, plutôt que comme un partenaire à convaincre, finit par épuiser le consentement à l'impôt. Or, sans ce consentement, aucun objectif de collecte ne tient dans la durée.

Le contexte donne du poids à l'avertissement. Le gouvernement fédéral a engagé une refonte ambitieuse de la fiscalité, avec des objectifs de recettes en forte hausse pour financer un budget sous tension. Les autorités veulent élargir l'assiette, traquer les fraudes et faire rentrer les recettes non pétrolières. Mais les contribuables nigérians, particuliers comme petites entreprises, subissent déjà une inflation élevée et un pouvoir d'achat érodé. Le médiateur pointe un risque concret : que la pression du chiffre l'emporte sur la pédagogie et l'équité, et que le système perde en légitimité ce qu'il gagne en perception.

Son rôle, justement, est de servir d'intermédiaire entre l'administration et les contribuables. Il traite les plaintes, propose des corrections et tente de désamorcer les conflits avant qu'ils ne dégénèrent. Mais un médiateur n'a de poids que si les réformes laissent une place au dialogue. Nwabueze plaide pour que la confiance soit traitée comme un investissement, pas comme un coût. Une administration qui explique, qui sanctionne avec proportion et qui reconnaît ses erreurs collecte souvent mieux qu'une administration qui intimide.

Le débat n'est pas propre au Nigeria. Partout, les États qui ont réussi à élargir leur base fiscale l'ont fait en associant service public visible et prélèvement accepté. La leçon vaut pour Abuja : une réforme fiscale qui ne tient que par la contrainte finit par produire de la résistance, de l'évasion et des contentieux. Le médiateur fiscal, lui, joue sa crédibilité sur ce terrain. Sa première alerte mérite d'être entendue avant que les objectifs de recettes ne se transforment en chiffres creux.

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