Nigeria : le gouvernement lie accès au crédit et compétitivité industrielle
Le ministre d'État à l'Industrie John Owan Enoh conditionne la relance manufacturière nigériane à un financement long et abordable, lors d'une table ronde du groupe de travail sur la révolution industrielle.

Le ministre d'État à l'Industrie, au Commerce et à l'Investissement, le sénateur John Owan Enoh, a posé une équation simple devant les industriels réunis à Abuja : sans financement adapté, pas d'usines. Il intervenait à la deuxième table ronde ministérielle du groupe de travail sur la révolution industrielle, un cadre qui rassemble opérateurs privés et pouvoirs publics autour du plan de transformation industrielle du Nigeria. Son message tient en deux exigences : des prêts suffisamment longs pour financer machines et capacités de production, et des taux assez bas pour que les produits fabriqués localement restent compétitifs face aux importations.
Le problème n'est pas nouveau. Les manufacturiers nigérians empruntent depuis des années à des taux à deux chiffres, souvent au-delà de 25 %, sur des durées courtes qui ne correspondent pas au cycle de vie d'un équipement industriel. Une machine s'amortit sur cinq à dix ans, un crédit commercial se rembourse sur douze mois. Ce décalage étouffe les projets avant qu'ils ne produisent. Le ministre ne propose pas de mécanisme précis dans cette intervention, mais il fixe un cap que les banques de développement et les partenaires du groupe de travail devront décliner.
Le sujet dépasse les murs des usines. La capacité du Nigeria à transformer ses matières premières sur place détermine sa facture d'importations, la solidité du Naira et, en bout de chaîne, le coût des transferts vers la sous-région. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts si l'industrie locale parvient à réduire la dépendance aux produits importés. En clair : une économie qui produit chez elle encaisse mieux les chocs monétaires.
Reste à transformer la déclaration en outils. Le groupe de travail sur la révolution industrielle doit rendre ses recommandations opérationnelles, et le ministère devra arbitrer entre incitations fiscales, garanties publiques et lignes de crédit bonifiées. Les industriels, eux, attendent moins de diagnostics que de taux signés. Sans cela, le débat sur la compétitivité restera théorique, et les machines continueront d'arriver d'ailleurs.
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