Nigeria : le gouvernement étudie une taxe sur les superprofits des énergéticiens
Abuja envisage de taxer les profits exceptionnels des opérateurs énergétiques, accusés de gonfler les prix alors que la guerre en Iran perturbe les marchés et fait grimper les cours du brut.

Le gouvernement nigérian a mis sur la table une taxe sur les superprofits des opérateurs du secteur énergétique. En ligne de mire : les compagnies pétrolières et gazières qui engrangent des marges records pendant que les prix à la pompe écrasent les ménages. La guerre en Iran a renchéri le brut et déstabilisé les approvisionnements. Abuja estime que certains acteurs profitent de la flambée pour gonfler artificiellement leurs tarifs. Le mécanisme exact reste à définir, mais l'idée d'un prélèvement exceptionnel sur les bénéfices jugés excessifs circule dans les ministères.
Le Nigeria importe encore une grande partie de son carburant raffiné, malgré la mise en service de la raffinerie Dangote. Chaque mouvement du baril se répercute directement sur le prix du transport, de l'électricité et des denrées de base. Les organisations patronales avertissent déjà : taxer les opérateurs risque de réduire les investissements dans un réseau déjà sous tension. D'autres pays ont tenté l'exercice. Le Royaume-Uni a prélevé 35 % sur les profits exceptionnels des producteurs d'hydrocarbures en 2022. L'Italie a taxé les banques et l'énergie la même année. Les recettes ont déçu partout, les entreprises ayant répercuté la charge sur les consommateurs ou différé leurs projets.
Sur le marché des changes, l'enjeu est tout autre. Le Naira reste sous pression et le moindre choc sur les recettes pétrolières se transmet au taux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Une taxe qui réduirait les volumes exportés pèserait sur les entrées de devises, donc sur la parité FCFA-Naira que suivent les opérateurs de change. Les autorités monétaires nigérianes le savent : elles doivent arbitrer entre remplir les caisses et préserver l'attractivité du secteur.
Rien n'est encore voté. Le projet pourrait être édulcoré au Parlement, comme souvent. Mais le signal est clair : Abuja veut sa part des profits exceptionnels. Les opérateurs, eux, préparent leurs arguments. Ils rappelleront que l'incertitude fiscale fait fuir les capitaux dans un pays qui a besoin d'investissements massifs pour tenir ses objectifs de production. La balle est dans le camp de l'exécutif, qui devra choisir entre recettes immédiates et confiance des investisseurs.
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