Nigeria : le défaut des compagnies aériennes sur la taxe TSC inquiète les investisseurs
Bernard Bankole, directeur général de Finchglow, avertit que le non-reversement de la taxe de 5 % sur les ventes de billets par les compagnies aériennes nigérianes remet en cause leur intégrité et la confiance des investisseurs.

Les compagnies aériennes nigérianes ne reversent pas la taxe de 5 % sur les ventes de billets, le Ticket Sales Charge (TSC). Bernard Bankole, directeur général de Finchglow, tire la sonnette d'alarme. Pour lui, ce manquement ne relève pas d'un simple retard administratif : il pose la question de l'intégrité des opérateurs et de leur capacité à respecter leurs obligations. La TSC est collectée auprès des passagers à chaque billet vendu, puis censée être versée aux autorités aéronautiques. Quand cet argent ne revient pas, c'est tout le circuit de confiance qui se fissure.
Le problème n'est pas nouveau, mais son ampleur inquiète. Les compagnies justifient souvent ces retards par des tensions de trésorerie, dans un secteur où les coûts d'exploitation grimpent : carburant, maintenance, changes. Pourtant, les passagers, eux, ont déjà payé cette taxe au moment de l'achat. L'argent a transité par les caisses des compagnies, puis disparu des radars. Pour les investisseurs, ce type de pratique envoie un signal négatif : si une entreprise ne reverse pas une taxe collectée pour le compte de l'État, comment peut-on lui faire confiance sur des engagements plus longs ?
Au-delà de la question financière, c'est la crédibilité du secteur qui est en jeu. Les compagnies nigérianes cherchent des partenaires étrangers, des financements, des assurances. Chaque défaut sur la TSC alimente la méfiance des bailleurs et des assureurs, qui scrutent la gouvernance des opérateurs. Dans un marché où les marges sont déjà minces, ce genre de contentieux peut peser lourd au moment de négocier un prêt ou un contrat de leasing. Les autorités aéronautiques, de leur côté, voient leurs recettes fondre, ce qui limite leur capacité à financer la sécurité et les infrastructures.
La sortie de Bernard Bankole intervient dans un contexte où le secteur aérien nigérian traverse une zone de turbulences. Hausse du prix du carburant, volatilité du naira, concurrence des transporteurs étrangers : les défis s'accumulent. Mais le défaut sur la TSC touche à un point plus sensible encore, celui de la parole donnée. Sans règles respectées par tous, le marché perd sa cohésion. Les investisseurs, eux, n'ont pas besoin de discours : ils regardent les comptes. Et pour l'instant, les comptes ne sont pas bons.
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