Nigeria : le CIPM alerte sur un marché du travail sous-développé
Le Chartered Institute of Personnel Management of Nigeria (CIPM) réclame des investissements massifs dans le capital humain, affirmant que le pays ne peut pas bâtir une économie de rang mondial avec une main-d'œuvre sous-qualifiée.

Le constat est sans détour. Le Chartered Institute of Personnel Management of Nigeria (CIPM) a appelé cette semaine à des investissements délibérés et durables dans le développement du capital humain. Pour l'institut, le Nigeria ne peut pas prétendre à une économie de classe mondiale avec une main-d'œuvre sous-développée. Le message s'adresse autant au gouvernement qu'aux entreprises privées, invitées à considérer la formation et la montée en compétences comme un investissement stratégique, et non comme une dépense accessoire.
La sortie du CIPM intervient dans un contexte économique tendu. Le pays affiche un taux de chômage élevé, en particulier chez les jeunes, et une inadéquation persistante entre les formations dispensées et les besoins réels du marché. Les entreprises peinent à recruter des profils qualifiés dans des secteurs clés comme la technologie, la logistique ou l'industrie manufacturière. Résultat : certaines fonctions restent vacantes alors que des diplômés enchaînent les stages sans débouché stable. Pour les employeurs, le défi consiste à internaliser la formation plutôt qu'à attendre des pouvoirs publics des solutions immédiates.
Le CIPM plaide pour une approche structurée : plans de formation continus, certifications professionnelles reconnues et partenariats renforcés entre écoles et entreprises. L'institut insiste sur la nécessité d'ancrer ces pratiques dans la durée, au-delà des cycles politiques. Des pays comme le Rwanda ou le Kenya ont engagé des réformes similaires avec des résultats mesurables sur la productivité. Le Nigeria, première économie d'Afrique de l'Ouest, dispose des ressources pour faire de même, à condition de coordonner les efforts entre secteur public et privé.
Pour les entreprises nigériannes, l'enjeu dépasse la simple responsabilité sociale. Une main-d'œuvre mieux formée, c'est une productivité accrue, une capacité d'innovation renforcée et une meilleure résistance aux chocs économiques. Le CIPM ne demande pas de miracle, mais une politique volontariste et continue. Sans cela, le pays continuera de laisser filer des talents vers l'étranger et de subir une croissance en deçà de son potentiel.
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