Nigeria : le capital manque encore pour financer la croissance
Malgré son potentiel, le Nigeria investit moins que nécessaire pour créer des emplois et gagner en productivité. La 32e édition du Nigerian Economic Summit s'attaque au financement de la transformation.

Le Nigeria ne manque pas de projets. Il manque d'argent pour les financer. C'est le constat que pose la 32e édition du Nigerian Economic Summit, qui s'ouvre cette semaine à Abuja. Le pays traîne un déficit d'investissement chronique : routes, centrales électriques, usines, écoles techniques. Résultat, la croissance reste fragile, portée par le pétrole et le commerce informel, tandis que la productivité stagne depuis une décennie. Le secteur privé, lui, hésite à engager des capitaux sur des horizons longs.
Les organisateurs du sommet insistent sur un point : l'investissement ne se décrète pas. Il faut des règles stables, un coût du crédit supportable et une fiscalité lisible. Or, les entreprises nigérianes empruntent aujourd'hui à plus de 25 % sur le marché local, un niveau qui décourage l'industrialisation. À cela s'ajoute la volatilité du naira, qui complique les calculs de rentabilité pour les projets importateurs de machines. Les investisseurs étrangers, eux, attendent des garanties sur le rapatriement des devises. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts.
Le sommet met aussi l'accent sur le capital humain. Former des techniciens, des ingénieurs, des développeurs : voilà ce qui attire les investissements durables. Le Nigeria compte plus de 200 millions d'habitants, dont une majorité a moins de 30 ans. Sans emplois qualifiés, cette démographie devient un risque plutôt qu'un moteur. Les panélistes doivent proposer des mécanismes concrets : fonds de pension orientés vers les infrastructures, garanties publiques pour les prêts aux PME, partenariats avec les banques de développement.
Reste la question du suivi. Les sommets économiques nigérians produisent souvent de belles déclarations. Cette fois, les participants promettent des engagements chiffrés et un calendrier. Les prochains mois diront si le Nigeria parvient à transformer ses intentions en capitaux. Une chose est sûre : sans investissement massif, la croissance restera en dessous des besoins d'un pays qui veut sortir de la dépendance pétrolière.
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