Nigeria : la stabilité ne suffit pas, il faut 9 % de croissance pour réduire la pauvreté
Les experts du sommet économique d'Abuja alertent : la croissance de 4 % ne suffira pas à créer des emplois ni à faire reculer la pauvreté. Il faudrait atteindre 9 % en s'appuyant sur les exportations et un crédit moins cher.

Réunis à Abuja pour le 32e sommet économique nigérian, les économistes ont livré un diagnostic sans détour : l'économie tient debout, mais elle avance trop lentement. La croissance tourne autour de 4 %, un rythme que les participants jugent incompatible avec les besoins du pays. Pour faire reculer la pauvreté et absorber les nouveaux arrivants sur le marché du travail, il faudrait au moins 9 %, soit plus du double. Le constat n'est pas nouveau, mais il prend un relief particulier après les réformes douloureuses des derniers mois.
La recette proposée tient en trois axes. D'abord, les exportations : le Nigeria doit vendre plus à l'extérieur, et pas seulement du pétrole. Ensuite, le crédit. Les entreprises se plaignent d'emprunts trop chers, qui étouffent l'investissement. Enfin, la continuité des politiques publiques. Les changements de cap à répétition découragent les industriels et les investisseurs étrangers. Sur ce dernier point, les participants insistent : sans stabilité dans les règles, les meilleures intentions restent lettre morte.
Le débat sur le crédit résonne directement dans les portefeuilles. Quand les taux d'intérêt dépassent 30 %, les petites entreprises hésitent à se lancer ou à s'équiper. Les importateurs, eux, arbitrent chaque jour entre le coût du financement et celui de la devise. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car un naira plus prévisible facilite les envois vers le pays.
Les experts du NES #32 ne demandent pas de miracle, mais une trajectoire claire. La stabilité actuelle, disent-ils, est une base, pas un objectif. Sans une croissance deux fois plus rapide, les créations d'emplois resteront insuffisantes pour une population qui dépasse 220 millions d'habitants. Le prochain gouvernement, quel qu'il soit, héritera d'une équation simple : maintenir le cap monétaire tout en libérant l'énergie des entreprises. C'est à ce prix que le Nigeria transformera sa stabilité en prospérité partagée.
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