Nigeria : la production du secteur privé atteint son plus haut niveau depuis 2022
En septembre, l'activité du secteur privé nigérian a connu sa plus forte croissance en plus de quatre ans, portée par la demande, malgré la pression persistante des coûts du carburant et des matières premières.

Le secteur privé nigérian a enregistré en septembre sa plus forte croissance de la production depuis plus de quatre ans. L'indice des directeurs d'achat (PMI) compilé par S&P Global pour le compte de la banque Stanbic IBTC affiche une nette accélération, tirée par une hausse des nouvelles commandes et une demande client plus soutenue. Les entreprises ont augmenté leur production pour répondre à cette dynamique, ce qui s'est traduit par des embauches supplémentaires dans plusieurs branches. Cette embellie intervient dans un contexte où l'économie nigériane cherche des relais de croissance après une longue période de stagnation.
Pourtant, cette performance ne signifie pas que les affaires sont devenues faciles. Les coûts du carburant, des matières premières et de la main-d'œuvre continuent de grimper, rognant les marges des entreprises. Les industriels répercutent une partie de ces hausses sur leurs prix de vente, ce qui alimente une inflation déjà élevée. Le marché des changes reste également une source de tension : l'accès aux devises pour importer des intrants demeure coûteux et imprévisible pour de nombreux opérateurs. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car chaque fluctuation du naira se répercute directement sur les montants reçus au pays.
La demande intérieure solide, portée par la consommation des ménages et les dépenses publiques, explique en partie cette résilience. Les secteurs des services et de l'industrie manufacturière affichent les progressions les plus marquées. Les entreprises profitent aussi d'une meilleure visibilité sur leurs carnets de commandes, ce qui les incite à reconstituer leurs stocks. Mais cette dynamique reste fragile : une nouvelle flambée des prix du carburant ou une dépréciation plus marquée du naira pourrait rapidement inverser la tendance.
Les analystes de Stanbic IBTC soulignent que la croissance de la production ne suffit pas à masquer les défis structurels. La pression sur les coûts devrait persister au dernier trimestre, notamment avec la fin de la saison des pluies qui perturbe habituellement la logistique. Les entreprises nigériannes évoluent donc sur une ligne de crête : elles produisent plus, mais encaissent moins de marges. La clé des prochains mois résidera dans la capacité du gouvernement à stabiliser le marché des changes et à contenir l'inflation, sans quoi cette embellie pourrait rester un feu de paille.
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