Nigeria : la croissance accélère à 4,43 % au deuxième trimestre 2026
Le PIB réel du Nigeria a progressé de 4,43 % en rythme annuel au deuxième trimestre 2026, contre 4,23 % un an plus tôt, selon le Bureau national des statistiques. L'agriculture et les services tirent la croissance, tandis que l'industrie pétrolière reste atone.

Le Nigeria a vu son économie croître de 4,43 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026, selon les données publiées mardi par le Bureau national des statistiques (NBS). Ce chiffre marque une légère accélération par rapport aux 4,23 % enregistrés sur la même période en 2025. L'écart de 0,20 point de pourcentage reste modeste, mais il confirme une tendance positive, portée principalement par l'agriculture et les services. Le secteur agricole, qui emploie une grande partie de la population, a bénéficié de conditions climatiques favorables et d'un meilleur accès aux intrants. Les services, eux, continuent de profiter de la digitalisation et d'une demande intérieure soutenue, notamment dans les télécommunications et la finance.
L'industrie pétrolière, en revanche, reste à la traîne. La production de brut a stagné autour de 1,4 million de barils par jour, freinée par des problèmes de maintenance et le vol de pétrole dans le delta du Niger. Cette faiblesse pèse sur les recettes d'exportation et sur les réserves de change de la banque centrale. Résultat : le naira, qui s'échangeait autour de 1 350 nairas pour un dollar sur le marché officiel, voit sa pression s'accentuer. Les ménages et les entreprises qui dépendent des importations subissent de plein fouet la hausse des prix, tandis que la diaspora ouest-africaine observe de près l'évolution du taux de change pour envoyer de l'argent au pays. Des plateformes numériques comme SendXOF répercutent ces fluctuations en temps réel, offrant aux utilisateurs une visibilité immédiate sur le coût de leurs transferts.
Au-delà des chiffres globaux, la qualité de la croissance interroge. La contribution du secteur non pétrolier atteint 96 % du PIB, un record historique. Cela reflète une diversification réelle, mais aussi la faiblesse chronique de l'industrie extractive. Les économistes pointent du doigt le manque d'investissements dans les infrastructures, qui limite le potentiel de l'agriculture et des services. Le gouvernement de Bola Tinubu mise sur les réformes fiscales et la libéralisation du marché des changes pour attirer les capitaux étrangers. Les premiers effets se font sentir : les investissements directs étrangers ont augmenté de 12 % au premier semestre par rapport à l'an dernier.
Malgré ces signes encourageants, le Nigeria reste vulnérable aux chocs extérieurs. La dépendance aux importations de carburant, malgré la raffinerie de Dangote, et la volatilité des prix du pétrole maintiennent une pression constante sur la balance commerciale. La croissance de 4,43 % ne suffit pas à absorber les 2 millions de jeunes qui arrivent chaque année sur le marché du travail. Pour l'instant, le pays avance, mais prudemment, sur un sentier étroit entre stabilité macroéconomique et urgences sociales.
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