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Nigeria : la CBN impose la localisation des données bancaires, les banques sous pression

La banque centrale nigériane exige que les données bancaires soient hébergées localement. Ayotunde Coker, patron d'Open Access Data Centres, presse les établissements d'agir vite.

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Rédaction SendXOF

Publié le 23 septembre 2026

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Nigeria : la CBN impose la localisation des données bancaires, les banques sous pression

La Banque centrale du Nigeria (CBN) a tranché : les données des banques nigérianes doivent être stockées sur le sol national. La directive, qui ne date pas d'hier, reste pourtant lettre morte dans de nombreux établissements. Ayotunde Coker, directeur général d'Open Access Data Centres, monte au créneau. Pour lui, le temps des atermoiements est révolu. Les banques doivent migrer leurs serveurs et leurs bases de données vers des infrastructures locales, et vite. Le sujet n'est pas anodin : il touche à la souveraineté numérique du pays, à la sécurité des transactions et à la capacité de la CBN à superviser le système financier en temps réel.

Concrètement, la localisation des données signifie que les informations sur les comptes, les transactions et les clients doivent résider dans des centres de données situés au Nigeria, et non dans des serveurs étrangers. Une banque qui traite un virement à Lagos ne peut plus s'appuyer sur un cloud basé à Dublin ou à Singapour. La CBN veut reprendre la main sur les flux, limiter les risques de fuite et réduire la dépendance aux infrastructures étrangères. Pour les banques, l'addition est salée : il faut investir dans des data centers locaux, revoir les contrats avec les fournisseurs cloud et former les équipes. Certaines traînent des pieds, invoquant des coûts élevés et des délais serrés. D'autres ont déjà entamé le virage.

Le Nigeria n'est pas le premier à s'engager sur cette voie. L'Inde, l'Indonésie ou encore l'Afrique du Sud ont adopté des règles similaires, avec plus ou moins de succès. Mais ici, l'enjeu est double : il s'agit à la fois de protéger les données des 200 millions de Nigérians et de stimuler une industrie locale des centres de données, encore embryonnaire. Open Access Data Centres, justement, exploite déjà plusieurs sites à Lagos, Abuja et Port Harcourt. Coker plaide pour un calendrier clair et des sanctions dissuasives. Sans quoi, prévient-il, la directive restera un vœu pieux. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts, car les banques répercuteront leurs investissements sur les frais.

La balle est dans le camp des banques. Celles qui joueront le jeu pourraient y gagner en efficacité et en confiance. Les autres s'exposent à des amendes, voire à des restrictions d'activité. La CBN a déjà montré qu'elle savait sévir : en 2021, elle avait bloqué les comptes de plusieurs fintechs pour non-respect des règles de change. Personne n'a oublié. Le chantier de la localisation des données s'annonce long et coûteux, mais il dessine une tendance de fond : le Nigeria veut garder la maîtrise de son argent et de ses informations. Une ambition qui, à terme, pourrait redessiner le paysage bancaire du pays.

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