Nigeria : la Banque mondiale critique les priorités budgétaires des États
La Banque mondiale estime que la hausse des revenus des États nigérians ne se traduit pas par des investissements suffisants dans l'éducation et la santé, malgré les appels à mieux dépenser.

La Banque mondiale hausse le ton. Dans un rapport publié cette semaine, l'institution pointe du doigt les choix budgétaires des 36 États du Nigeria. Les recettes ont beau augmenter — grâce notamment à la réforme des subventions pétrolières et à la dévaluation du naira —, les dépenses consacrées à l'éducation et à la santé restent trop faibles. Les gouverneurs préfèrent financer des infrastructures visibles ou des projets moins prioritaires, au détriment du capital humain.
Concrètement, plusieurs États ont vu leurs allocations mensuelles de la Fédération grimper de 30 à 50 % depuis 2023. À en croire la Banque mondiale, cet argent n'a pas été réorienté vers les écoles ou les centres de santé. Dans des États comme Kano ou Rivers, les enseignants attendent toujours des salaires décents, et les hôpitaux manquent de médicaments de base. La Banque mondiale rappelle que sans dépenses sociales solides, la croissance démographique nigériane — estimée à 5 millions de naissances par an — risque d'aggraver la pauvreté.
Pour les opérateurs économiques, cette mauvaise allocation des ressources pèse sur le climat des affaires. Un système éducatif sous-financé produit moins de main-d'œuvre qualifiée, ce qui freine l'industrialisation et l'attractivité des investissements. La Banque mondiale suggère aux États de publier des budgets plus transparents et de rendre des comptes sur l'usage des fonds fédéraux. Une exigence qui pourrait aussi rassurer les partenaires internationaux, à l'heure où le pays cherche à stabiliser ses finances publiques.
Le gouvernement fédéral, lui, promet de surveiller de près l'exécution des budgets locaux. Mais sans mécanisme contraignant, les critiques risquent de rester lettre morte. La Banque mondiale insiste : la fenêtre d'opportunité est étroite. Si les États ne réorientent pas rapidement leurs dépenses vers l'éducation et la santé, le boom des revenus ne servira qu'à creuser les inégalités, et non à jeter les bases d'une croissance durable.
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