Nigeria : l'inflation recule à 14,63 %, mais les pressions sous-jacentes persistent
L'inflation globale nigériane est tombée à 14,63 % en septembre 2026, contre 15,39 % en août et 20,98 % un an plus tôt. Une embellie portée par la baisse des prix alimentaires, mais les analystes pointent des tensions persistantes sur les prix hors alimentation et énergie.

Le chiffre est tombé le 15 octobre : l'inflation nigériane a reculé à 14,63 % en septembre 2026, selon le Bureau national des statistiques (NBS). C'est mieux qu'en août (15,39 %) et bien loin des 20,98 % de septembre 2025. Sur le papier, la tendance est bonne. Les prix alimentaires ont même baissé dans plusieurs régions, un soulagement pour les ménages après deux ans de flambée. Mais derrière cette décrue, la structure de l'inflation reste fragile. Les prix des services, du transport et de l'énergie continuent de grimper, et la pression sur le naira complique la donne pour les importateurs.
La baisse des prix alimentaires s'explique en partie par la bonne saison des récoltes dans le nord du pays et par la stabilisation des coûts du carburant après la fin des subventions. Pourtant, les commerçants des marchés de Lagos ou de Kano le disent : les produits de base restent chers comparés à 2024. Le panier de la ménagère n'a pas retrouvé son niveau d'avant la crise. Et les coûts logistiques, eux, ne baissent pas. Le carburant a beau être moins cher qu'en 2025, le transport inter-États pèse toujours lourd sur les étals.
Le vrai point d'inquiétude, c'est l'inflation sous-jacente, celle qui exclut les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie. Elle reste élevée, autour de 17 % selon les calculs du NBS. Les loyers, les soins de santé, l'éducation et les services financiers continuent d'augmenter. Cette composante est plus lente à se replier, car elle dépend des anticipations et des salaires. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts : chaque point d'inflation en moins redonne un peu de pouvoir d'achat aux familles qui reçoivent des fonds du Nigeria.
La Banque centrale du Nigeria (CBN) a maintenu son taux directeur à 27,5 % en septembre, une décision qui vise à ancrer les anticipations. Mais les analystes de Lagos s'interrogent : si l'inflation globale baisse alors que l'inflation sous-jacente reste collante, la CBN pourrait être tentée de baisser ses taux trop vite. Ce serait une erreur, préviennent-ils, car la moindre détente monétaire risquerait de relancer la pression sur le naira et sur les prix. En clair, la décrue de septembre est réelle, mais elle ne signe pas encore la fin de l'inflation au Nigeria.
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