Nigeria : l'inflation ralentit à 15,39 % en août, portée par la baisse des prix alimentaires
L'inflation nigériane est retombée à 15,39 % en août contre 15,43 % en juillet. Les prix alimentaires progressent moins vite, mais les zones rurales restent sous tension.

L'inflation nigériane a reculé à 15,39 % en août, contre 15,43 % le mois précédent, selon les données publiées par le Bureau national de la statistique. Le chiffre marque un ralentissement modeste mais réel, après plusieurs mois de pression continue sur les prix. La hausse des prix alimentaires, principal moteur de l'indice, est retombée à 19,57 % sur un an, contre plus de 21 % en début d'année. Le panier de base — riz, huile, tomates — reste cher, mais il augmente moins vite. Sur le marché de Mile 12 à Lagos, les grossistes commencent à voir arriver les récoltes de la saison humide, ce qui détend légèrement les étals.
L'inflation sous-jacente, qui exclut les produits alimentaires et énergétiques les plus volatils, s'établit à 13,29 % sur un an. C'est le chiffre que la Banque centrale du Nigeria surveille de près avant ses décisions de taux. La hausse mensuelle des prix a nettement ralenti, signe que la pression immédiate se relâche. Mais un détail inquiète : les prix en zone rurale ont, eux, accéléré en août. Les villages du nord, moins bien desservis par les routes et les marchés, subissent encore les effets de la cherté du carburant et du transport. Pour la diaspora ouest-africaine, cette décélération change la donne sur le coût réel des transferts vers le pays.
La Banque centrale a maintenu son taux directeur à 27,5 % ces derniers mois, une politique restrictive qui commence à produire ses effets sur la demande. Le crédit aux entreprises reste cher, ce qui freine la consommation et, par ricochet, la hausse des prix. Mais ce ralentissement a un coût : la croissance du secteur manufacturier patine, et les petites entreprises peinent à financer leurs stocks. Le gouverneur de la CBN, Olayemi Cardoso, a répété que la lutte contre l'inflation restait la priorité, même si le FMI presse Abuja de relâcher l'étau monétaire pour soutenir l'activité.
Le Nigeria reste loin de son objectif de 6 à 9 % d'inflation fixé par la CBN. À 15,39 %, le pays a divisé par deux le pic de 2024, quand les prix flirtaient avec les 34 %. La décrue est réelle, mais lente. Les analystes de Lagos tablent sur une inflation autour de 14 % d'ici la fin de l'année, à condition que le naira reste stable et que la récolte principale soit bonne. Si les prix alimentaires continuent de baisser, les ménages nigérians pourraient retrouver un peu de pouvoir d'achat. Mais la moindre secousse sur le change ou le carburant peut renverser cette tendance en quelques semaines.
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