Nigeria : l'importation de carburant relance la querelle entre Dangote et les distributeurs
Alors que les exportations de produits raffinés de la raffinerie Dangote augmentent, les distributeurs nigérians persistent à importer, invoquant le Petroleum Industry Act. Cette divergence relance le débat sur la capacité de l'usine à couvrir la demande locale.

La raffinerie Dangote, joyau industriel du milliardaire Aliko Dangote, tourne à plein régime. Ses exportations de carburant grimpent, et pourtant, les importations de produits pétroliers au Nigeria ne faiblissent pas. Les distributeurs locaux, interrogés par Daily Trust, insistent : l'importation reste nécessaire pour combler le déficit du marché. Une position qui heurte de front celle de la direction de l'usine, qui estime avoir la capacité de satisfaire la demande nationale.
Cette querelle, récurrente depuis l'ouverture de la raffinerie en 2023, repose sur une lecture différente du Petroleum Industry Act (PIA). Ce texte de loi, voté en 2021, autorise les importations pour pallier les pénuries, mais ne précise pas les critères de déclenchement. Les distributeurs s'appuient sur cette zone grise pour justifier leurs achats à l'étranger, souvent moins chers que les produits locaux. La raffinerie, elle, pointe du doigt des pratiques qu'elle juge protectionnistes, voire spéculatives.
Pour l'économie nigériane, l'enjeu est double. D'un côté, la production locale de carburant pourrait réduire la facture des importations, qui pèse lourdement sur les réserves de change. De l'autre, les distributeurs avancent des chiffres : la raffinerie ne couvrirait que 60 % des besoins quotidiens du pays, soit environ 50 millions de litres. Un déficit qui, selon eux, justifie le maintien des importations. Les récentes baisses des prix à la pompe, décidées par la raffinerie, n'ont pas suffi à éteindre le débat.
Pendant ce temps, la pression monétaire ne faiblit pas. Le naira, qui s'échangeait à 1 500 pour un dollar sur le marché parallèle la semaine dernière, continue d'éroder le pouvoir d'achat des ménages. Pour la diaspora ouest-africaine, cette évolution change la donne sur le coût des transferts. Les plateformes numériques comme SendXOF ajustent leurs taux en temps réel pour refléter ces fluctuations, mais la volatilité complique les envois de fonds. La résolution de la querelle pétrolière pourrait apporter une stabilité bienvenue, mais elle semble encore lointaine.
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