Nigeria : l'IIT plaide pour un investissement massif dans l'enseignement technique
L'Institute for Industrial Technology appelle à renforcer la formation technique pour réduire le chômage des jeunes au Nigeria, alors que le pays compte des millions de diplômés sans emploi.

Le Nigeria forme chaque année des centaines de milliers de diplômés universitaires, mais une grande partie d'entre eux reste sans emploi. Face à ce paradoxe, l'Institute for Industrial Technology (IIT) de Lagos monte au créneau. Son directeur a publiquement demandé un investissement accru dans l'enseignement technique et professionnel. Selon lui, les compétences pratiques constituent la voie la plus directe pour insérer les jeunes dans le marché du travail. Le constat est simple : les entreprises nigérianes peinent à recruter des techniciens qualifiés, tandis que des jeunes diplômés en lettres ou en sciences sociales enchaînent les stages non rémunérés.
Le problème n'est pas nouveau. Le système éducatif nigérian privilégie depuis des décennies les filières académiques classiques au détriment des formations techniques. Résultat : un décalage persistant entre les compétences disponibles et les besoins réels de l'économie. Les secteurs de l'énergie, de la construction, de la maintenance industrielle ou de la logistique réclament des mains qualifiées. L'IIT, fondé à Lagos, forme depuis des années des jeunes aux métiers de l'électricité, de la mécanique et de l'automatisation. Son directeur estime que sans un changement d'orientation, le pays continuera de laisser filer une partie de sa jeunesse vers le sous-emploi ou l'exil.
Les chiffres donnent raison à l'institut. Le taux de chômage des jeunes au Nigeria dépasse les 40 % dans certaines régions, selon les estimations disponibles. Dans le même temps, des entreprises étrangères installées dans le pays font venir des techniciens d'Asie ou d'Europe faute de trouver localement les profils adaptés. C'est un manque à gagner double : les salaires sortent du pays et les jeunes restent sur le carreau. Pour inverser la tendance, l'IIT recommande de renforcer les partenariats entre écoles techniques et industrie, de moderniser les équipements de formation et de valoriser socialement ces filières auprès des familles.
La question dépasse le seul cadre éducatif. Elle touche à la compétitivité de l'économie nigériane, à sa capacité à attirer des investissements industriels et à retenir ses talents. D'autres pays africains, comme le Kenya ou le Rwanda, ont amorcé ce virage en misant sur des centres de formation professionnelle adossés à des entreprises. Le Nigeria, première économie du continent, a les moyens de faire de même. Reste à savoir si la volonté politique suivra les recommandations de l'IIT. Pour l'instant, l'institut continue de former ses promotions, une clé à la fois.
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