Nigeria : l'ICSAN mise sur la gouvernance d'entreprise pour rassurer les investisseurs
L'Institut des secrétaires et administrateurs agréés du Nigeria réaffirme que la rigueur de la gouvernance d'entreprise reste le levier central pour restaurer la confiance des investisseurs et attirer les capitaux.

L'Institute of Chartered Secretaries and Administrators of Nigeria (ICSAN) a réaffirmé mardi que la qualité de la gouvernance d'entreprise conditionne directement la confiance des investisseurs. Pour l'institut, les scandales comptables et les faillites bancaires qui ont secoué le pays ces dernières années ont laissé des traces durables dans l'esprit des capitaux étrangers. La réponse ne passe pas par des campagnes de communication, mais par des administrateurs compétents, des conseils d'administration réellement indépendants et des mécanismes de contrôle interne qui fonctionnent. Le message s'adresse autant aux grandes entreprises cotées qu'aux PME qui cherchent à lever des fonds.
Le Nigeria a longtemps souffert d'un déficit de crédibilité sur ce terrain. Les affaires de falsification de comptes et les conflits d'intérêts au sommet de certaines banques ont refroidi plus d'un investisseur. L'ICSAN plaide pour que les entreprises adoptent les codes de gouvernance non pas comme une contrainte réglementaire, mais comme un argument commercial. Un conseil d'administration crédible obtient de meilleures conditions de financement, que ce soit auprès des banques locales ou des bailleurs internationaux. La Bourse de Lagos, qui cherche à attirer davantage d'émissions, a tout intérêt à pousser cette exigence.
La question dépasse le seul cadre nigérian. Dans toute l'Afrique de l'Ouest, les investisseurs institutionnels — fonds de pension, assureurs, banques de développement — intègrent désormais des critères de gouvernance dans leurs décisions d'allocation. Un projet mal structuré, même rentable sur le papier, reste difficile à financer. Pour les entreprises de la zone qui cherchent des capitaux, la qualité de la gouvernance devient un critère aussi décisif que le business plan lui-même.
L'ICSAN ne demande pas de nouvelles lois. Elle insiste sur l'application réelle de celles qui existent. Les sanctions contre les administrateurs fautifs, la rotation des auditeurs, la publication des rémunérations des dirigeants : autant de mesures qui ne coûtent rien mais qui transforment la perception d'un marché. Le Nigeria a les textes. Il lui manque encore la constance dans leur mise en œuvre. C'est là que se joue, concrètement, la bataille pour la confiance.
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