Nigeria : l'ICRC veut des capitaux privés pour désenclaver les minerais critiques
L'ICRC plaide pour des partenariats public-privé afin de financer routes, rails et ports nécessaires à l'évacuation des minerais critiques du Nigeria. Les exportations de minerais solides ont atteint 354 milliards de nairas en 2025.

Le Nigeria extrait du lithium, de l'étain, du coltan et du manganèse, mais une bonne partie reste bloquée au fond des mines faute de routes carrossables et de voies ferrées. La Commission de promotion des investissements (ICRC) a posé le diagnostic sans détour : sans infrastructures de transport, les minerais critiques ne rejoindront ni les usines de transformation ni les ports d'exportation. Elle propose de faire appel au privé via des partenariats public-privé pour financer ces chantiers, du rail minier aux terminaux portuaires.
Les chiffres donnent la mesure de l'enjeu. Les exportations de minerais solides ont rapporté 354 milliards de nairas en 2025, un montant modeste face au potentiel géologique du pays. Le secteur attire encore trop peu de capitaux, en partie parce que les investisseurs étrangers hésitent à s'engager quand l'évacuation de la production n'est pas garantie. L'ICRC veut casser ce cercle vicieux en faisant porter une partie du risque infrastructurel par des opérateurs privés, sous contrat de concession.
La formule PPP n'est pas nouvelle au Nigeria, où elle a déjà servi pour des routes à péage et des centrales électriques. Mais l'appliquer à la chaîne des minerais critiques suppose de coordonner plusieurs ministères, les États fédérés et les communautés locales. Le gouvernement de Bola Tinubu a fait de la valorisation des ressources minières un axe affiché de sa politique économique, avec l'ambition de réduire la dépendance au pétrole. Sur le papier, l'argument tient : chaque tonne de lithium transformée localement vaut plusieurs fois son prix brut.
Reste à convaincre les financiers. Les projets miniers ont des cycles longs, les cours des métaux sont volatils et le risque sécuritaire persiste dans plusieurs zones d'extraction. L'ICRC mise sur des rendements garantis et des contrats clairs pour rassurer. Si les premiers PPP aboutissent, le Nigeria pourrait capter une part plus large du marché mondial des minerais critiques — un marché que se disputent déjà la RDC, l'Indonésie et le Chili.
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