Nigeria : l'essence à plus de 1 400 nairas le litre, les transporteurs augmentent leurs tarifs
Malgré la remise gouvernementale, le prix de l'essence dépasse 1 400 nairas le litre au Nigeria, poussant les transporteurs à relever leurs tarifs et les usagers à payer plus cher leurs déplacements.

Le prix de l'essence continue de flamber au Nigeria. Malgré la remise annoncée par le gouvernement, le carburant se vend désormais à plus de 1 400 nairas le litre dans plusieurs stations-service du pays. Une hausse qui pèse directement sur les transporteurs, contraints de répercuter la facture sur les usagers. À Lagos, Abuja ou Kano, les files d'attente s'allongent et les tarifs des trajets en bus ou en taxi-moto grimpent en flèche. Les commerçants, eux, voient leurs coûts logistiques s'envoler, avec à la clé une pression supplémentaire sur les prix des denrées de base.
Cette situation illustre les effets en chaîne de la libéralisation du marché pétrolier engagée par l'État fédéral. La fin des subventions, actée en 2023, devait assainir les finances publiques et attirer les investissements privés dans le raffinage. Mais sur le terrain, la flambée des prix à la pompe n'a pas été compensée par une baisse significative des coûts de transport. Les transporteurs, qui dépendent du carburant pour faire tourner leurs véhicules, n'ont d'autre choix que d'augmenter leurs tarifs. Les syndicats de transporteurs dénoncent par ailleurs la hausse des pièces détachées et l'inflation galopante, qui rognent leurs marges.
Pour les ménages nigérians, déjà éprouvés par une inflation à deux chiffres, cette nouvelle hausse tombe mal. Le budget alloué aux déplacements quotidiens pèse de plus en plus lourd dans les dépenses des familles. Dans les grandes villes, nombreux sont ceux qui optent pour la marche ou le covoiturage informel. Les autorités, elles, peinent à trouver la parade. La remise gouvernementale, censée alléger la facture, reste jugée insuffisante par les acteurs du secteur. Certains observateurs pointent du doigt la vétusté des raffineries locales et la dépendance aux importations, qui exposent le pays aux fluctuations du marché mondial.
La question du carburant reste un dossier explosif au Nigeria. Chaque hausse du prix à la pompe ravive les tensions sociales et fragilise un peu plus le pouvoir d'achat. Les transporteurs promettent de nouvelles augmentations si les coûts ne baissent pas. En attendant, les usagers continuent de payer la note, dans un pays où l'essence est pourtant produite en abondance. Un paradoxe qui résume les défis structurels de l'économie nigériane.
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